Avant l'An mil

Les premiers habitants - La colonisation romaine - Du royaume burgonde à l’Empire germanique

Les premiers habitants.

Les chasseurs qui approchent les vallées et les massifs subalpins après le recul des glaciers (12 000 ans avant J.-C.) sont les premiers à laisser des traces en Savoie. Au néolithique s'installent les premiers agriculteurs qui, vers 3 000 avant J.-C., colonisent les hautes vallées. A la fin de l'âge du bronze (1000 à 800 avant J.-C.), les habitants des villages riverains du lac du Bourget développent un brillant artisanat du bronze et de la céramique. Vers 900 avant J.-C., tous les terroirs favorables sont occupés : l'Avant-pays par les Hallstattiens puis les Gaulois, les vallées par une "civilisation alpine". Les Allobroges colonisent une vaste région entre Genève et Vienne, à l’exception des vallées de Maurienne et Tarentaise habitées respectivement par les Médulles et les Ceutrons.

Au cours des guerres contre Carthage, en 218 avant J.-C., Hannibal franchit les Alpes avec 37 éléphants, probablement via la haute Maurienne.

La colonisation romaine.

Arc de Campanus, à Aix-les-BainsEntre 125 et 121 avant J.-C., les Romains conquièrent la région qui est rattachée à la province de Gaule narbonnaise. Les Allobroges, alliés de Rome, facilitent le passage de César et lui fournissent des auxiliaires. En 52 avant J.-C., ils se rallient à Vercingétorix, le rejoignant dans la défaite à Alésia.

Les Romains tracent en Savoie de nombreuses voies. Plusieurs villes se développent : Aix-les-Bains, Aime, Moutiers (Darentasia) qui devient capitale de la province des Alpes Grées. A la fin du IVe siècle, la région prend le nom de Sapaudia (Savoie), sans que l’origine exacte de ce terme puisse être précisée. Dès le Ve siècle, quatre diocèses se partagent la Savoie : la Tarentaise, la Maurienne, Genève, qui sera transféré à Annecy lors de la Réforme, et le décanat de Savoie, rattaché à Grenoble.

Vers 450 après J.-C., les Burgondes, chassés par les Huns, s’installent en Savoie avec l’accord de Rome. Genève devient leur capitale.

Du royaume burgonde à l’Empire germanique.

Le royaume burgonde est éphémère : les fils de Clovis en achèvent la conquête en 534. Des temps mérovingiens, on retiendra la faiblesse des pouvoirs locaux et les conflits, avec les Alamans au Nord-Est et les Lombards en Piémont. L’avènement de Charlemagne consacre la victoire sur les Lombards. Aux diocèses de Maurienne et Tarentaise, ainsi qu’à une région définie sous le nom de Saboia correspondent autant de pagi, sièges du pouvoir des comtes. Le monastère de St-Maurice d’Agaune (en Valais), fondé en 515, puis celui de Novalaise, fondé en 726 (Val de Suse) apparaissent, jusqu’au Xe siècle, comme les seuls vrais centres spirituels et politiques.

Au traité de Verdun, la Savoie échoit à Lothaire. La Lotharingie, étirée de la mer du Nord à l’Italie, est démembrée rapidement sous la pression de ses rivaux de Francie et de Germanie, mais aussi du fait de partages internes. A partir de 855, la Savoie est comprise dans un royaume de Provence; le Genevois reste attaché à la Lotharingie. Sceau de Rodolphe III, roi de Bourgogne

En 888, Rodolphe, profitant de la chute du carolingien Charles le Gros, se fait proclamer roi de Bourgogne. Rodolphe II obtient en 947 les terres savoyardes qui dépendaient encore du duc de Provence. Rodolphe III (993-1032) est le dernier représentant de cette dynastie au pouvoir incertain.

A sa mort, apparaît Humbert 1er. Originaire de Bourgogne, il est peut-être déjà comte en Savoie. Sachant habilement soutenir l’empereur Conrad II qui récupère l’héritage de Rodolphe, il reçoit en récompense de nombreuses possessions depuis Belley, le Chablais, le Valais, Aoste jusqu’en Maurienne. Il est le fondateur d’un état que ses successeurs s’emploieront à consolider.

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