Vous êtes ici : Accueil » Expositions » Cartes anciennes » Histoire de la cartographie

Histoire de la cartographie

Histoire de la cartographie

Un peu d'histoire


Dès l'Antiquité, du VIe au IIe siècle avant Jésus-Christ, pendant que Pythagore imagine que la terre est sphérique, qu'Aristarque conclut qu'elle tourne autour du soleil, qu'Eratosthène exécute une mesure presque exacte de la circonférence terrestre, d'autres astronomes et mathématiciens grecs ébauchent les premières cartes géographiques centrées sur la Méditerranée. Le problème historique de la cartographie se pose désormais : comment représenter une forme sphérique sur un plan ?

Au IIe siècle de notre ère, c'est encore un grec, Ptolémée, qui calcule la latitude et la longitude de huit mille points mais il adopte pour la circonférence terrestre une mesure erronée établie avant lui par Posidonios. Il invente cependant un système de projection et réalise un atlas de 27 cartes du monde.

Les notions fondamentales pour la cartographie que les astronomes grecs avaient élaborées ne furent pas améliorées par les romains, intéressés surtout par les itinéraires terrestres, et du Ve au Xe siècle, l'héritage gréco-latin est oublié, rejeté, pour des raisons principalement religieuses.

Puis l'œuvre de Ptolémée est reprise, d'abord par les arabes : au XIIe siècle Edrisi élabore une carte qui s'étend de l'Europe à la Chine et de la Scandinavie au Sahara, somme des connaissances de l'époque. En Europe, l'atlas de Ptolémée est réédité à partir du XIIIe siècle : ses cartes, longtemps utilisées trompèrent les navigateurs de la Renaissance et l'erreur de mesure de Ptolémée sera une cause indirecte de la découverte de l'Amérique!

L'emploi de la boussole et les éditions successives des portulans, cartes qui servaient à la navigation de port à port, sont le grand apport du Moyen Age finissant à la cartographie. Les voyages de découverte enrichirent les connaissances géographiques, et, à partir des cartes marines, vont naître des cartes continentales plus exactes.  Après les navigateurs ce sont les mathématiciens et astronomes, souvent flamands ou allemands, qui énoncent les principes de la cartographie nouvelle : Mercator, qui invente un système de projection cylindrique, est l'un des plus connus avec Ortelius. Si, à la fin du XVIe siècle le monde est représenté dans sa forme et ses proportions réelles, c'est à partir du XVIIe siècle que, pour des raisons souvent stratégiques, le besoin de cartes détaillées apparaît. Newton décrit le premier la terre comme un ellipsoïde de révolution, hypothèse mise en doute par les géodésiens Picard et Cassini. En 1738 la comparaison des mesures effectuées par deux expéditions parallèles en Laponie et au Pérou apporte la preuve définitive de l'aplatissement de la terre à ses extrémités.

Guillaume Delisle (1675-1726) crée un système de projection conique, et au XVIIIe siècle Jean Lambert (1728-1777) détermine les paramètres des projections coniques conformes et équivalentes qui portent son nom. L'ingénieur R. Bonne (1727-1794), par une mise au point mathématique de la projection de Ptolémée, établit le canevas équivalent qui servira de base à la future carte de France dite de l'état-major. Pendant ce temps là César-François et Jacques-Dominique Cassini réalisent la première carte géométrique de France au 1/86 400e en s'appuyant sur la nouvelle triangulation générale du royaume et en utilisant le système de projection cylindrique dit de Cassini.

 

Avec le XIXe siècle commencent les grandes réalisations cartographiques modernes, carte de l'état-major sarde ou de l'état-major français par exemple.

Une dizaine de savants dont deux cartographes, dirigés par le général Sanson responsable du Dépôt de la Guerre travaillèrent à l'automne 1802 au sein de la Commission de normalisation dans le but d'uniformiser les méthodes employées. Ils résolurent d'imposer l'utilisation d'instruments de mesure plus justes, de déterminer les nivellements à partir du niveau de la mer, d'interdire l'usage de plusieurs perspectives sur une même carte, d'orienter les cartes le nord en haut, d'utiliser des signes conventionnels, d'adopter une gamme d'écritures, etc. Dans le même temps l'utilisation du système métrique pour le calcul de l'échelle et pour la mesure de la méridienne de France donne les bases d'un système moderne.

 

C'est Jean-Baptiste Raymond, ingénieur-géographe militaire qui le premier applique ces nouvelles normes aux diverses cartes de la Savoie qu'il réalise entre 1800 et 1830. Pour la Carte topographique militaire des Alpes en douze feuilles publiée en 1820 il utilise la projection du Dépôt de la Guerre, (ou Flamsteed modifiée), une échelle au 1/200.000e, et un système de hachures avec éclairement oblique selon les préconisations de la Commission de 1802. La clarté du résultat lui vaudra de servir de référence pendant une partie du XIXe siècle.

 

Projetée par Napoléon, commencée en 1818, la Carte de France dite carte de l'Etat-major ne sera achevée qu'en 1882. Sa réalisation se heurte d'abord à des problèmes de fond. Quelle échelle choisir ? La proposition du général Brossier d'une carte au 1/80.000e ,compromis entre les vœux des militaires de posséder une carte au 1/100.000e adaptée à leur pratique et les souhaits des administrations d'obtenir une carte au 1/50.000e, est finalement retenue : les usagers habitués à la carte de Cassini au 1/84.600e seront par ailleurs moins déroutés. Quel système de projection utiliser ? La projection de Bonne finalement choisie obéit au principe d'équivalence, c'est à dire qu'elle ne déforme pas les surfaces. Le centre de la projection est situé sur le méridien de Paris, et sur le parallèle de contact d'Aurillac ; la carte comporte 273 feuilles couvrant des zones de 64 x 40 kilomètres. Dernier point débattu, le choix du mode de représentation des formes du terrain : en 1802 la Commission avait recommandé l'éclairement oblique avec hachures, en 1828 l'emploi des courbes de niveau est retenu, et en 1853 l'adoption du système de hachures en diapason du commandant Hossard règle définitivement le problème.

 

Autre grande réalisation, la carta topografica degli stati in terraferma di S.M. Il Re di Sardegna carte dite de l'Etat-major sarde ou de 1854 : à partir d'une triangulation nouvellement établie un relevé général au 1/50.000e est effectué de 1822 à 1838.  La projection utilisée est celle de Flamsteed modifiée, centrée sur l'observatoire de Turin. La représentation du relief faite en lumière oblique donne une carte très lisible (mais moins précise que si le procédé des courbes de niveau avait été retenu). Cette carte en 91 feuilles dont 25 pour la Savoie est publiée en lithographie, procédé en plein essor, de 1854 à 1869 (pour la Savoie).

 

Au XIXe siècle de nouveaux besoins apparaissent : si les cartes administratives et les cartes des routes existaient déjà, des cartes géologiques, économiques et touristiques sont dorénavant publiées pour répondre à la demande précise des utilisateurs. C'est aussi au cours de ce siècle que sont édités les premiers grands atlas thématiques.

 

D'autres grands progrès sont accomplis au cours du siècle : dans le but d'abaisser les coûts de fabrication on passe de la gravure à la lithographie, puis à la réalisation de tirages zincographiques et plus tard encore galvaniques.  Les procédés de réduction eux aussi évoluent, avec l'utilisation du pantographe et bien sûr l'avènement de la photographie.

1562

Description du duché de Savoie par Paolo de Forlani, 1562
Description du duché de Savoie par Paolo de Forlani, 1562

 

1630

Le duché de Savoie par Jodocus Hondius, 1630 (AD73-1Fi S6)
Le duché de Savoie par Jodocus Hondius, 1630 (AD73-1Fi S6)

 

1691

Carte dérivée de la carte à Madame Royale de Borgonio.
Les états de Savoie et de Piémont. 1691 (AD73-1Fi S18). Carte dérivée de la carte à Madame Royale de Borgonio.

 

 

Archives départementales de la Savoie

244, quai de la Rize
73000 Chambéry

Département de la Savoie

Château des Ducs de Savoie
CS 31802 - 73018 Chambéry Cedex