Eglises et chapelles de Savoie et Haute-Savoie
Auteur : Services d'archives communales

Page suivante

Eglises d'Aix-les-Bains

Jusqu’à la fin du XVIII° siècle, le terroir d’Aix était divisé en trois paroisses, Sainte-Marie, Saint Hyppolite et Saint Sigismond, ayant l’une, une collégiale comme église paroissiale (Sainte Marie), l’autre un prieuré cure (Saint Hyppolite) et enfin la dernière une petite église (Saint Simond). Au moment de la Révolution des trois églises il ne restait que la Collégiale, qui desservait l’église de Saint Simond, en ruine, et qui ne fut pas relevée en 1803.

L’explosion démographie de l’après guerre et le développement considérable de la ville amena la création de nouvelles paroisses ayant chacune leur église nouvelle : Saint Joseph, au quartier du Pont Rouge, Saint Simond, et Sainte Bernadette à Marlioz, toute dépendant aujourd’hui des deux nouvelles paroisses d’Aix centre et de la paroisse des Bords de Lac.

 La Collégiale Notre-Dame.

Les premières citations de l’église d’Aix ne remontent pas au-delà du XI° siècle, et à la donation de Sainte Marie d’Aix à l’évêque Artaud de Grenoble par la Reine Hermengarde, qui, elle-même, la tenait d’une donation de son mari, le Roi Rodolphe III, datée de 1011. On en déduit qu’auparavant l’église était aux mains de la famille royale de Bourgogne, comme la Villa d’Aix.

Cette église fut érigée en prieuré cure par le célèbre évêque Saint Hugues, qui en fit don au monastère Saint Martin de Miséré, qui entretenait à Aix, 5 chanoines de l’ordre de Saint Augustin, y compris le prieur.

Brûlé fin XV° siècle, le petit prieuré, fut reconstruit et, à cette occasion, érigé en collégiale par bulle du pape de 1513, surtout grâce à l’intercession de Claude de Seyssel, membre illustre de la famille des seigneurs d’Aix, conseiller de Louis XII, évêque de Turin. La collégiale, comme le prieuré auparavant, était séparée en deux parties, le chœur dépendant du chapitre et la nef étant paroissiale. La chapelle seigneuriale se trouvait elle aussi dans l’église.

De style gothique flamboyant pour ce qui était du chœur, la collégiale s’était vue dotée de vitraux par Françoise de Seyssel, en 1537. Quant à la nef, elle fut plusieurs fois remaniée au fil du temps. Elle s’écroula en 1645 : «Le jour de Sainte - Croix à l'heure qu'on montrait secrètement la Ste Croix derrière l'autel, après disné, la grande voûte qui est auprès du coeur à l'endroit du clocher est tombée avec les pierres de taille et par la grâce de Dieu et par grand miracle n'a offensé personne et n'est tombée qu'environ moitié. Le reste tombé le 29 janvier 1646, environ 11 h du soir. »

Une des gloires de l’église d’Aix était de renfermer en son sein, une relique de la Sainte Croix qui lui valurent de nombreuses visites de pèlerins, et d’être placée sous le double vocable de l’Assomption et de la Vraie Croix. Pendant la période révolutionnaire, l’église fut d’abord transformée en temple de la raison, puis abandonnée. Le mobilier, le retable, furent vendus ou brûlés… L’église rendue au culte en 1803 nécessita de grosses réparations et un équipement complet en matériel liturgique.

De nouveaux et très beaux vitraux furent commandés par le curé Pavy à Lyon, chez Pagnon, et posés entre 1853-1859. Magnifiques, ces vitraux dont le principal était sur le thème de Notre-Dame des Eaux, ont été retrouvés en l’an 2000, cachés dans le clocher de l’église actuelle, et sont en cours de restauration.

L’histoire de ce bâtiment se termine au début du XIX° siècle. La ville d’Aix ayant considérablement grandie, le besoin de dégager de l’espace autour de l’hôtel de ville, d’aérer le centre ancien, conjugué au besoin d’une nouvelle église beaucoup plus vaste amena, sans état d’âme, à la démolition du bâtiment. Seul, un temps, l’administration des Monuments Historiques s’opposa à la destruction du chœur, mais elle finit par l’accepter. Les dernières traces de ce bâtiment autrefois situé sur la place des Thermes, disparurent en 1904.

 

Eglise(2) : Chevet de la collégiale Notre Dame, 1904.

 

Eglise(3) : Démolition de la collégiale Notre Dame, 1905

 

Eglise(4) : Porche d’entrée de la Collégiale Notre Dame, sur la place centrale, 1900.

 

Eglise(7) : Intérieur de la Collégiale Notre Dame, 1900.

L’Eglise Notre-Dame des Eaux, paroisse de l’Assomption. (Centre ville).

L’affaire commença dans les années 1875 sur les instances du curé Pavy, qui mena la bataille pour cette nouvelle construction et se lança dans l’aventure, entraînant avec lui de nombreux paroissiens, souscripteurs, qui alimentèrent un compte bancaire destiné à financer la construction d’une nouvelle église. Les polémiques allèrent bon train pour le choix de l’emplacement avant que l’on se décide pour le terrain dénommé à l’époque Clos Rabut. Pour la conception l’on fit appel, après un âpre concours d’architectes, à Arthur Bertin, qui avait présenté en projet dénommé Lux. L’entreprise Bonna fut choisie comme constructeur, et les travaux commencèrent en 1890 pour s’achever en 1892. Des améliorations et les finitions furent conduites jusqu’en 1905. Les vitraux, notamment, commandés pour partie à Lucien Bégule à Lyon, sur des cartons du dessinateur Grasset, furent posés au début du XX° siècle.

L’architecte a choisi un plan en forme de croix, et un style avec une forte connotation byzantine. Les voûtes en berceau simple sont plutôt d’inspiration romane. La croisée des transepts supporte une coupole. Le clocher, en bois sur sa tour, s’élève à 55 mètres au dessus du parvis. L’église renferme des orgues de bonne facture, issue de la fabrique Théodore Kuhn, à Zurich, inaugurées en 1908. Le bâtiment abrite un mobilier pour la plupart contemporain de la construction si ce n’est les stalles du chœur, datées de 1750 et récupérées de l’ancienne église, les bénitiers de pierre et les confessionnaux de noyer du XVIII°. Le chemin de croix, en cours de classement à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques, provient d’Espagne, d’où il a été ramené par le général Forestier, lors des campagnes de Napoléon. Quant aux tableaux des douze apôtres, classés depuis 1976, et conservés dans le chœur, ils proviennent certainement d’Italie, d’après les expertises, et seraient du XVII° Siècle.

Pour en savoir plus : Notre-Dame d’Aix-les-Bains in Art et Mémoire n°15. Aix-les-Bains : Société d’Art et d’histoire, juin 2000. 48 p. : ill. ; A4.

Eglise(5) : Nouvelle Eglise Notre Dame, lors de sa construction, dessin de l’architecte Bertin, 1892.

Eglise(6) : Intérieur de la nouvelle Eglise Notre Dame, 1892.

La paroisse et l’Eglise Saint Hyppolite.

Erigé dans le faubourg de la ville, du côté de Mouxy, il s’agissait en fait d’un petit prieuré de la mouvance de l’abbaye bénédictine Saint Just de Suze, qui desservait aussi les églises de Saint-Simond et de Mouxy (au moins jusqu’en 1344). D’origine inconnue, il s’élevait à proximité de la maison forte de Saint Hyppolite, fief de la maison de Savoie. D’ailleurs, le prieuré échu aux Savoie en 1307 suite à un échange entre l’abbaye et Amédée V. A côté d’une église, paroissiale pour les habitants du faubourg, mais aussi curieusement pour ceux du village de Lafin, s’élevait un petit cimetière. Mal entretenue l’église figuraient souvent en ruines dans les procès verbaux des visites pastorales. Elle fut unie à la mense de la collégiale d’Aix dans la bulle papale de 1513 ; cette dernière devant fournir un desservant pour les églises de Saint Hyppolite et de Saint Simond. Les habitants du faubourg tenaient à leur autonomie, et ce ne fut pas sans mal ni procès devant le Sénat de Savoie que la paroisse Saint Hyppolite fut rattachée définitivement à la collégiale en 1771, le cimetière désaffecté et les bâtiments de l’église vendus. Elle a aujourd’hui entièrement disparue sous des constructions plus récentes.

La paroisse et les églises de Saint Simond.

La paroisse de Saint Sigismond, qui a donné naissance au hameau aixois de Saint Simond, est aussi connue très anciennement pour avoir été pendant longtemps à la frontière entre le diocèse de Grenoble et celui de Genève, elle regroupait les villages de Saint Simond, Mémars, Choudy et Puer. Elle est déjà signalée dans l’Etat des paroisses du diocèse de Grenoble, édifié par Saint Hugues en 1100. Elle a longtemps été annexée au prieuré de Saint Hyppolite, avant d’être rattachée à la Collégiale, en 1513. Ce devait être une minuscule église, sans grand caractère, constamment menaçant ruine si l’on en croit les procès verbaux de  visites pastorales, sauf, peut être à la fin du XVIII° Siècle. Le clocher fut abattu sur l’ordre du citoyen Albitte en 1794, et l’église, laissée à l’abandon pendant la période révolutionnaire, fut vendue avec son cimetière en 1803, pour acheter du matériel afin de relever la Collégiale. Seule, sur la place de Saint Simond, une croix rappelle qu’un cimetière a existé autrefois à cet endroit.

L’Eglise de Saint Simond.

La paroisse ne fut recrée que dans les années 1960, et l’association diocésaine fit appel à l’architecte Maurice Novarina pour établir les plans du nouvel édifice cultuel, cette fois situé non plus dans le village de Saint Simond, mais en bordure de l’Avenue. Au moment de la construction une polémique s’était développée autour de l’emplacement, la ville aurait préféré que l’opération s’intègre à la construction des nouveaux quartiers Franklin Roosevelt en pleine expansion. Le clocher fut adjoint en 1977.

St Simond : Eglise de St Simond, plan du pc, Novarina, 1962, façade latérale.

St Simond : Eglise de St Simond, plan du pc, Novarina, 1962, façade principale

L’Eglise Saint Bernadette, Marlioz.

Construite en 1963-1964, sur les plans de l’architecte aixois, Georges Noiray, pour desservir la nouvelle paroisse de ce quartier où venaient de s’élever une toute nouvelle cité HLM, cette église sans clocher, d’allure moderne, est très typée années 60.

Eglise (1) : Eglise Sainte Bernadette, plan de l’architecte. Noiray, 1963.

L’Eglise Saint Joseph, Pont Rouge.

Datée de 1943, elle correspond à l’extension de la ville dans les quartiers des Bords du Lac. Le bâtiment, sans caractère, n’est que la transformation d’un ancien hangar construit dans les années 20 et qui servait de musée de la navigation.

Le Temple Saint Swithun

Construit pour la communauté britannique en villégiature à Aix, sur financement du Chevallier Samuel Valhey, par l’entreprise aixoise Paul Bonna,  il fut inauguré en 1870. Il appartint et fut gérer jusqu’en 1976 à la Colonial and Continental Church Society. Il reçu la visite de la Reine Victoria, lors de ses 4 séjours à Aix ; elle le dota de son autel de bois sculpté.  En 1976 il fut racheté par la ville qui, tout en lui gardant une vocation de lieu de culte œcuménique, le fit restaurer, notamment ses orgues, et confia à l’Association des Amis de St Swithun Church l’animation de ce lieu. Restauré une nouvelle fois en 2003, il sert essentiellement de salle de concert.

Pour en savoir plus : Bertinotti Marcel. « L’orgue de St-Swithun ». Aix-les-Bains : Art et Mémoire n°13, 1999.

St Switun : Eglise St Swithun Church , vers 1900.

Autres lieux de cultes.

Les autres lieux de cultes que nous ne feront que citer pour mémoire, présentent peu d’intérêt architectural : on notera une chapelle à l’hôpital, une seconde dans l’ancienne pension Notre Dame des eaux, un oratoire Notre Dame des Eaux bd de Chantemerle, un temple protestant à l’Asile Evangélique (L’Estal), un temple Antoiniste rue Victor Hugo. La Synagogue, l’Eglise Evangélique, la Salle de prière musulmane, … n’étant elles que des aménagements de locaux ou villas.

Page suivante