L'agriculture dans les pays savoyards
Auteur : A. MARNEZY - Niveau de lecture : Tous publics

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2- Un régime agraire particulier et reconnu

Le territoire des exploitations savoyardes est traditionnellement très morcelé afin de profiter au maximum des conditions physiques (sols, pentes, exposition…).

Au début du XIXème siècle, la suppression du droit d’aînesse par le code civil a eu pour conséquence le partage des propriétés à chaque héritage, aggravant le morcellement agraire déjà imposé par les conditions naturelles.

Une exploitation traditionnelle est souvent divisée en de nombreuses parcelles réparties sur l'ensemble du territoire communal voire au delà. Il y a tout d'abord quelques parcelles en fond de vallée ou sur les premiers coteaux, ce sont les terres le plus riches, parfois inondables, où sont pratiquées les cultures traditionnelles (blé ou orge, avoine ...) et où sont installées les prairies utilisées au début et en fin de saison par les troupeaux. Autour de la maison, souvent bâtie à flanc de coteau afin de ne pas empiéter sur les "bonnes terres", sont implantés les vergers et jardins potagers et, si l'altitude et l'exposition le permettent, une parcelle de vigne. Ces pieds de vigne, s'ils ne peuvent être implantés sur place, peuvent parfois être plantés sur des communes de piémont mieux exposées parfois éloignées de nombreux kilomètres du siège de l'exploitation. Enfin, les parcelles situées au dessus du village servent de pâture et de prés de fauche. Au dessus sont les alpages (voir chapitre 8).

L'évolution actuelle des exploitations tend vers une harmonisation des structures liée à leur spécialisation. Cependant la concurrence pour les meilleures terres, les plus rares, doit compter avec la concurrence des collectivités. Le développement économique, démographique et touristique impose une utilisation massive du foncier pour l'édification de routes, habitations, zones industrielles et commerciales, stations touristiques sans compter les barrages et autres grands aménagements. Les exploitations, face à cette concurrence doivent, soit justifier de surfaces agricoles utilisées pour des productions permettant de dégager de fortes valeurs ajoutées (vignes, vergers) soit se replier sur les coteaux et autres secteurs moins attractifs pour pouvoir poursuivre leur activité.

Heureusement pour les agriculteurs, la spécificité de la montagne est reconnue depuis une trentaine d’années, ce qui leur permet un certain nombres d’aides afin de compenser les difficultés d’exploitations liées à l'environnement montagnard. La " loi montagne " votée le 20 décembre 1984 reconnaît cette spécificité. Les mesures prises au niveau européen maintiennent ces dispositifs. Les aides ne servent cependant qu’à amortir les handicaps mais ne remplacent pas un salaire.

Les aides directes en 1998 sur les 2 Savoie :

  • Indemnités Compensatoires au Handicap Naturel (ICHN) : 91 millions de francs. Prime spécifique aux zones classées "montagne" soit 80 % du territoire savoyard.
  • Prime à l’herbe : 34 millions de francs (statistiques 1998). Prime destinée aux éleveurs en zone de montagne.
  • Aide aux surfaces cultivées : moins de 50 millions de francs. Aides européennes non spécifiques aux zones de montagne.

De nombreuses autres aides ont aussi été apportées et continuent à être distribuées de façon plus globale pour des secteurs ou des activités spécifiques. La plupart de ces aides sont gérées par les Directions Départementales de l'Agriculture et de la Forêt. Un certain nombre d'actions sont menées par différents organismes dont en particulier les Chambres Départementales de l'Agriculture. Par ailleurs l’agriculture est reconnue comme une activité prioritaire dans les parcs naturels régionaux de Chartreuse et des Bauges. Des aides mais surtout un soutien techniques ont été mis en place dans ce sens. Le parc des Bauges est ainsi à l’initiative d’un réseau de fermes coopératives et de découverte (" la clef des champs ").


Photo chambre d'agriculture 73 : cultures vivrières à proximité d'un village.

 

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