L'aventure architecturale des sations de sports d'hiver
Auteur : Jean-Pierre HARDY - Niveau de lecture : Tous publics

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11. Avoriaz, fantastique, forcément

Reliée à Morzine par les pistes de ski et des remontées mécaniques , la station qui compte 17 000 lits est implantée sur un plateau dont les falaises dominent à 1800m au dessus de la vallée . C'est l'un des cas où l'on peut dire qu'il y a eu création architecturale. Pour Gérard Brémond, L'équipe Roques, Labro, Orsoni, Lombard a repris la réflexion sur l'objet bâti en montagne, avec plusieurs principes: Faire une station sans voitures. Le stationnement, point noir de toutes les stations est bloqué à l'entrée par des parkings et silos à voitures. Les rues ne sont pas déneigées. Les transports se font par traineaux ou chariots électriques. Les pistes de ski se croisent à l'intèrieur même de la station . Une architecture mimétique faisant largement appel au bois s'inspire du relief du terrain. Les différents niveaux sont desservis par des coursives intérieures qui s'adaptent à la pente du sol comme le feraient des cultures en terrasse . Toiture et façades inclinées ne font qu'un, habillées de schingles, planches de cèdre rouge canadien qui selon l'exposition prennent des tons gris argenté ou brun-rouge. Le jeu des loggias, des porte à faux, des mouvements de faîtages des escaliers et des excroissances compose une architecture généreuse et spectaculaire qui évoque l'architecture "organique" pronée par Frank Lloyd Whrigt. Ce parti pris a été partiellement remis en question par les problèmes que pose le glissement de la neige sur les façades, donnant quelques soucis pour l'entretien. La pression économique, comme c'est souvent le cas, a contraint les concepteurs à une architecture moins originale, plus haute et plus massive dans la suite de l'opération. Cependant, dans ce site grandiose, l'unité d'aspect de l'ensemble de l'agglomération a été maintenue, composant avec la liberté des détails en premier plan un paysage d'une grande poésie

Les mêmes architectes ont par ailleurs réalisé à Courchevel, en bordure du Jardin Alpin, le centre d'échanges culturels de la Fondation pour l'Action Culturelle Internationale en Montagne (FACIM) aussi remarquable par l'animation des volumes et de la lumière. On les retrouve encore à La Tania, station satellite de Courchevel.

Avoriaz 1800 est une "station-vacances" où sont supprimés les inconvénients de la vie urbaine, en particulier le bruit, la tension nerveuse et la pollution atmosphérique. Ainsi, à l'exemple de Zermatt, Avoriaz 1800 est la première grande station française sans automobiles. Des traîneaux, dont certains tirés par des rennes, assurent le déplacement des résidents. Des engins électriques silencieux transportent les marchandises...

Atelier d'Architecture d'Avoriaz l'Architecture Française 285- 286 . mai juin 66

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