L'aventure architecturale des sations de sports d'hiver
Auteur : Jean-Pierre HARDY - Niveau de lecture : Tous publics

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14. Valmorel, retour au village

A Valmorel le schéma était particulièrement clair: Les champs de ski occupent le fond de la vallée du Morel, dont les 2 communes de Doucy et des Avanchers forment une suite de hameaux en chapelet à la même altitude sur les deux versants. Une route de liaison existait déja en grande partie, et permettait de relier cet habitat existant aux champs de ski dont le relief en amphithéatre se prête bien à la convergence des pistes et des remontées mécaniques.

Les différents services et équipements à créer intéressaient autant les habitants permanents que les touristes, et seraient utilisables autant en été qu'en hiver, dans un site humanisé. En effet, il existait dans cette vallée une tradition ancienne d'accueil touristique. II y avait là l'opportunité de faire cohabiter les deux populations en valorisant le bâti existant , grosses maisons anciennement couvertes en chaume, quelques unes portant un décor peint, qui pouvaient inspirer les architectes pour les extensions à prévoir.

L'architecte Michel Besançon, crée en pied de pistes un nouveau village qui avec des toits de lauze, le bois en bardage et la pierre en soubassement dont la silhouette est dans la lignée de Montchavin. L'ensoleillement restreint en fond de vallée incite à réduire la hauteur des constructions qui regroupées dans la pente délimitent des espaces intimistes reliés par des cheminements piétonniers. L'accent est mis sur une rue commerçante richement décorée, dans le bas de la station, qui renouvelle la tradition de la "grand-rue" que l'on retrouve dans beaucoup de villages en Savoie avec des façades peintes en trompe-l'oeil. On peut seulement regretter que ce décor ignore l'existence d'une culture locale à laquelle il aurait pû se rattacher.

Les services de l'Equipement voient là une orientation nouvelle sécurisante qu'ils vont s'efforcer de généraliser.

Il faut signaler une avancée importante, pour ce qui est de la prise en compte du service rendu par les agriculteurs dans l'entretien du site, sous la forme d'une participation financière volontaire des propriétaires sur les M2 construits. Le District du Bassin d'Aigueblanche affecte 1 /3 de cette participation à l'agriculture locale et consacre le reste à l'amélioration et à l'animation des espaces publics.

Le loisir contemporain, et c'est un constat, évolue dans une zone de confluence de notre plus profonde mémoire de la fête, nos besoins de repos et nos fantasmes citadins, rêvant tantôt une ville parfaite, tantôt une ville impossible.

Michel BEZANCON

T et A N°333. dec 80

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