L'aventure architecturale des sations de sports d'hiver
Auteur : Jean-Pierre HARDY - Niveau de lecture : Tous publics

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15. Val-d'Isère, réhabilitation

Le vieux village groupé autour de son église, à 1840m d'altitude, devenu station de sports d'hiver a eu très tôt une renommée internationale en raison de la qualité sportive de ses pistes de ski et des champions qui s'y sont illustrés. Les constructions se sont multipliées en tous sens, à peine freinées par le danger d'avalanches que l'on conjure au prix de travaux de protection dommageables pour le site. Le stationnement le long des voies d'accès aux gares de téléphérique asphyxie le centre de la station. Dans la perspective des J.O. de 1992, la municipalité organise un concours d'architecture pour essayer de résorber le désordre et de se donner une nouvelle image. Le lauréat, l'architecte Jean-Louis Chanéac propose une rénovation radicale du centre de l'agglomération. Les abords du centre ancien, et notamment l'important immeuble du Club Méditerrannée sont rasés intégralement. La circulation automobile rejoint en soussol un parc de stationnement. Un nouveau centre plus dense mais piétonnier est construit dans un style que son concepteur qualifie avec humour " de régionalisme synchrétique".

Le jeu consiste à reprendre en les exagérant les signes caractéristiques de l'architecture traditionnelle: Murs de pierre, ouvertures étroites, charpentes massives supportées par des piliers cylindriques en maçonnerie, toits de lauze, le tout absolument surdimensionné pour provoquer la surprise. Dans l'organisation des bâtiments entre eux le gigantisme alterne avec l'exigu pour découper des séquences de paysage inattendues. Quelle que soit l'opinion que l'on peut avoir sur cet essai d'archi-caricature, le fait est que le spectateur ne peut rester indifférent. Plusieurs hotels dans l'agglomération ont ainsi remonté une nouvelle façade devant l'ancienne. Reste à savoir si cette "nouvelle image" renforcera durablement l'identité de la station ou si , comme dans d'autres cas, elle sera récupérée, copiée et banalisée par des constructeurs à court d'idées.

L'industrie de la neige, réalité économique, géographique et culturelle pour la Savoie est ausi un champ d'expérimentation valable pour les architectes qui, comme moi, refusent les copies vernaculaires édulcorées.

Jean-Louis Chaneac cité dans Le Moniteur du 19.1.90

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