L'aventure architecturale des sations de sports d'hiver
Auteur : Jean-Pierre HARDY - Niveau de lecture : Tous publics

Page suivanteRetour au sommairePage précédente

8. La Grande Plagne, station intégrée

Dès le début, Robert Legoux prenant en mains la Société d’Aménagement de la Plagne (SAP), s’assure l’initiative de l’aménagement de tout le domaine d’altitude sur les communes de Bellentre, Aime, Macot et Longefoy. Il engage l’architecte Michel Bezançon. Carte blanche lui est donnée pour l’urbanisme et l’architecture dans la partie haute du territoire. La partie basse fait l’objet d’une étude distincte . C’est ce contrôle total de l’opération qui a vallu à La Plagne le titre de "station intégrée", ouvrant le défilé des stations dites "de la troisième génération".

Le développement de la station se fait par tranches, suivant un schéma d’ensemble multipolaire. Le bureau d’études réalise l’un après l’autre des sousensembles ayant chacun un fort caractère et une unité architecturale, suivant au plus près l’évolution des tendances du moment. Le premier est très proche de la ligne originale de Courchevel et comporte 6000 lits réalisés de 1962 à 1969. Il est conçu sur le principe d’une séparation absolue des circulations automobiles et piétonnières. La disposition linéaire des bâtiments borde le "front de neige" accessible skis aux pieds et permet une distribution interne par des galeries abritées. Le second, avec 2.500 lits, se présente comme un "paquebot des neiges" sous une forme compacte dont la façade en dents de scie évoque la silhouette des montagnes. Suivent Plagne Bellecôte ,qui s’inscrit dans le paysage avec la force d’un barrage et abrite 4000 lits , puis Plagne Village, 5.000 lits. Le dernier satellite, Montchavin , en 1976, coincide avec le retour à l’image du village, en prolongement d’un hameau existant. Les différents pôles sont réunis par un double réseau téléporté et routier donnant accès à tout le domaine skiable.

Alors que la plupart des stations croissaient au rythme de 200 à 300 lits par an, la Plagne, dès la deuxième année en réalise un millier. Cependant les dernières années font plus de place au conformisme qu’à l’innovation architecturale.

M. Bezançon réalisera par ailleurs la station du Mottaret , sur la comune des Allues, et la station de Vairnorel toutes deux évoquées par ailleurs. Par contre, Champagny en Vanoise, cinquième membre du syndicat intercommunal de la Grande Plagne adopte un autre mode de développement, également décrit.

L’architecture de loisirs n’est pas une architecture comme une autre puisque pas directement fonctionnelle : Le loisir, concept équivoque, peut naître, le dos tourné à l’urbanisation quotidienne, le visage tourné vers une urbanisation d’exception, vers un espace rêveur au fontionnement idyllique.

Michel Bezançon cité dans Architecture N° 26 juin juillet 1981

Page suivanteRetour au sommairePage précédente