Patrimoine baroque religieux en Savoie et Haute-Savoie
Auteurs : Michèle et Edmond Brocard - Notes

Les peintres DUFOUR

1° PIERRE DUFOUR L’ANCIEN

Peintre et sculpteur, né à SAINT-MICHEL-DE-MAURIENNE au début du XVIIe siècle, il émigre vers 1629 à ANNECY à la mort de son père DENIS qui ne laisse que des dettes. La ville d’ANNECY lui commande un portrait de saint François de Sales et lui octroie le droit de bourgeoisie. Syndic maladroit de SAINT-MICHEL en 1643, ses biens sont saisis en 1657. Aussi, ruiné et usé, il cède à ses trois fils peintres la gestion de ses biens avant de mourir le 10 août 1671. On connaît de lui un ex-voto à la chapelle de Notre-Dame-du-Charmaix à MODANE offert en 1629 après l’accident survenu à l’un de ses fils, et plusieurs toiles exécutées pour l’ancienne église de SAINT-MICHEL-DE-MAURIENNE (1663-1664).

PIERRE DUFOUR LE JEUNE (1629-1702)

Il a probablement étudié à ROME grâce à la duchesse CHRISTINE DE FRANCE, dont il décore le plafond de la chambre au Palais Madame à TURIN, ville où l’on voit sa très classique "Adoration des bergers" dans l’église San Lorenzo. Il voyage au Portugal dans les années 1680 avant de s’installer à TURIN où il décéde en 1702, ville où son fils aîné GABRIEL est établi comme notaire. On connaît de lui une Madeleine en vanité conservée à SAINT-JEAN-DE-MAURIENNE, et il a peint en 1653 pour TERMIGNON, le superbe Rosaire de la chapelle de la Visitation, offert par l’honorable sieur Varot. Il a travaillé pour les églises de VILLARODIN, ALBANNE, VALLOIRE et AVRIEUX, vers 1682, SAINT-ANDRE et la chapelle de La Motte à MONTAIMONT en 1695.

PHOTO 72 : Rosaire de la Visitation de Termignon

LAURENT DUFOUR (1630-1679)

Le frère cadet de Pierre, Laurent, s’exerce à deux genres picturaux, le tableau d’extase et le tableau de martyre. On a répertorié dans son oeuvre 18 scènes de la vie du Christ , 37 Vierges, 38 portraits de saints et 9 de saintes.

4° GABRIEL DUFOUR (1640-1721)

C’est le plus jeune et le plus connu, il s’inspire de l’oeuvre de son père et vit à SAINT-MICHEL-DE-MAURIENNE. Légèrement maniériste, il s’inspire de modèles italiens, les CARRACHE,

GUERCHIN, utilise beaucoup de contrastes et portraiture nobles et chanoines. Reconnaissable à son goût pour les tons sombres, brun, vert foncé, il signe souvent dans un coin du tableau, parfois dans un pli du vêtement, entrelaçant le G et le D. Il a peint pour les églises de SAINT-JEAN et SAINT-SORLIN-D’ARVES dans les années 1693.

5° LAURENT-GUILLAUME DUFOUR, actif de 1700 à 1728, mort en 1734

C’est le fils de PIERRE LE JEUNE, mais il utilise les mêmes schémas iconographiques que son oncle GABRIEL dont il a partagé l’atelier, avec des coloris plus pastels où dominent les bleus, et des compositions très douces. Il lui est supérieur. Il peint des Vierges à l’Enfant et signe "DUFOUR L. G". Il a réalisé des portraits royaux: Jeanne-Baptiste de Savoie-Nemours (abbaye d’Hautecombe, appartements royaux), le duc Charles-Emmanuel et Amédée IX. On trouve ses toiles à BEAUNE, SAINT-SORLIN-D’ARVES, LE CHÂTEL, SAINT-GEORGES-D’HURTIERES (1712), MONTGELLAFREY, FONTCOUVERTE. Sa dernière oeuvre semble être le saint François de Sales de l’église de VALLOIRE de 1731.

PHOTO 73: saint Georges de Saint-Georges-des-Hurtières

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