Le gothique en Savoie et Haute-Savoie
Auteur : Michèle et Edmond Brocard - Notes

SAINT-JEOIRE PRIEURE, Eglise priorale (S)

Fondée en 1110 par Pierre de Chignin pour abriter la relique de Saint Georges rapportée de sa croisade, et confiée aux chanoines augustiniens, l’église de Saint-Jeoire-Prieuré relève de la période romane au XVIIIe siècle, et fait partie d’un vaste ensemble défensif qui comprenait les sept tours de Chignin. De la grêle nef unique romane ne subsistent que deux travées voûtées d’arêtes rehaussées et couvertes dans le dernier quart du XVe siècle. Le large choeur à fond plat des chanoines, éclairé par une baie gothique à trois lancettes surmontées de trois rosettes quadrilobées du XVe, épaulé extérieurement par des contreforts à pinacle, et constitué de deux travées plus larges et plus hautes que celles de la nef, conserve les caractéristiques du XIIIe. Il était fermé par un jubé de pierre disparu, dont on retrouva des éléments dans le sol près de l’entrée, sur l’emplacement de la première travée démolie, dont il subsiste au sol la clé de voûte. L’arc doubleau présente un profil carré à chanfrein sur les angles. De grosses nervures reposent sur des chapiteaux à crochets soutenus par un faisceau de trois colonnes engagées. On peut avancer la date de 1251, au vu du testament épigraphique d’Aymon de Chignin. Dans la façade refaite en 1773, on a réutilisé des bases de colonnes, l’ancien portail en tiers- point du XIIIe, et la grande rosace à six lobes qui le surmontait. On peut trouver des analogies entre cet édifice et l’église de Meillerie. Hormis la fenêtre, deux éléments sculptés datant du XVe siècle sont conservés dans cette belle église: un banc canonial du XVe et le gisant de pierre du prieur Guigue Sauvage, daté de 1400. Sauvage repose sur une dalle en pierre de Curienne en costume canonial d’apparat dans sa robe à collet monté fermée de petits boutons, ses souliers pointus frôlant un lion, un manteau à gros plis, la tête couverte par un élégant camail brodé d’orfrois et crénelé de flocons de grosse étamine formant des rubans enroulés.

PHOTO N° 7 (gisant de Guigue Sauvage)

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