Le gothique en Savoie et Haute-Savoie
Auteur : Michèle et Edmond Brocard - Niveau de lecture : Tous publics

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II L'architecture religieuse

II-1 L’architecture religieuse des XIIe et XIIIe siècles

La Savoie a la particularité de dépendre de cinq diocèses, Genève, Belley, Tarentaise à Moûtiers, Maurienne à Saint-Jean-de-Maurienne, et Grenoble pour la région chambérienne, mais ce sont les ordres religieux qui impulsent l’art gothique, plus que les évêques. Bénédictins et cisterciens donnent le ton. Les chartreux leur succèdent, mais leurs édifices ont été trop remaniés. Les chanoines augustins sont à l’origine d’Abondance (1143), Sixt (1130), Entremont (1154). Pour leur part, les Cisterciens, qui mirent sur le siège de Moûtiers deux fortes personnalités, Pierre Ier (1132-1140) et Pierre II de Tarentaise (1142-1174), fondèrent les abbayes de Tamié (1132) et Saint-Jean-d’Aulps (1135), dont l’église en ruines à collatéraux anciens qui date des XIII° et XIV° siècles a probablement été copiée sur celle de Fontenay, et enfin Hautecombe en 1139. Les cisterciens, qui possèdent en 1209 dix monastères en Savoie, introduisent en Savoie le berceau brisé, dont la fortune sera durable à travers toute l’époque gothique, en particulier dans l’avant -pays occidental proche de la Franche-Comté.

L’ancienne abbaye du LIEU à PERRIGNIER ; l'église de COPPONEX ; l'église d'UGINE.

Au XIIIe siècle, la récolte archéologique est maigre dans un siècle marqué par l’éboulement de la montagne du Granier, en 1248, qui engloutit certaines églises et prieurés, amenant le clergé à remanier tout le fonctionnement de l’ancien Décanat de Savoie (diocèse de Grenoble).

Les franciscains édifient en 1220 leur première église dans Chambéry avant même que le comte de Savoie Thomas Ier n’ait acquis le bourg, et du vivant du fondateur de l’ordre, peu après les fondations de Vézelay (1217) et de Paris (1219). Le cloître de la cathédrale de Chambéry conserve des vestiges de celui du XIIIe. Leur succès croissant de prédicateurs les obligera à élever une nouvelle église, plus vaste, l’actuelle cathédrale.Les franciscaines minorettes ou clarisses urbanistes s’installent à Chambéry la même année dans leur couvent de Sainte-Claire-hors-ville, mais à proximité du château, derrière la place Monge. En 1434 leur couvent presque entièrement détruit par un violent incendie est reconstruit.

Les chanoines réguliers de Saint -Augustin, si leurs chevets à fond plat s’apparentent à ceux des cisterciens, acceptent les décors sculptés et les baies à lancettes. On le voit à Sixt, Meillerie et Saint-Jeoire Prieuré. Ils utilisent des chapiteaux à masques humains ou animaliers ou à crochets.

Les fondations de Cluny profitèrent largement des libéralités princières. La Grande Dauphine Béatrix de Faucigny, fille du comte de Savoie Pierre II, est à l’origine du prieuré de Contamine-sur-Arve et de la chartreuse de femmes de Mélan. Au prieuré du Bourget-du- Lac les moines descendus de leur montagne de Cessens adoptent des techniques nouvelles, grâce aux largesses du comte Amédée IV et de son frère Thomas, constructeur du château voisin.

Une fondation seigneuriale dont il ne reste que des lambeaux dans l’église paroissiale reprise au XIXe siècle, est la collégiale Sainte-Catherine de RANDENS, commencée en 1258 et terminée en 1267 de la volonté de l’évêque d’Hereford Pierre d’Aigueblanche seigneur de Briançon, noble savoyard expatrié en Angleterre à la suite de la petite fille du comte Thomas Ier, Eléonore de Provence, mariée à Henri III Plantagenêt, dont il devint le conseiller. C’est ici que le style rayonnant fit son apparition en Savoie. Il en subsiste une sacristie voûtée d’ogives, quelques pans de murs derrière le chevet, la base d’un pilier cantonné de deux colonnettes engagées à droite du portail et une fenêtre à colonnettes et meneau près du clocher, des portes en tuf, l’une en tiers-point, l’autre trilobée. Toute la partie antérieure de la collégiale et ses deux clochers ont disparu, comme les 120 stalles du choeur principal, son riche ambon et les tombeaux du fondateur et de son successeur, son neveu Pierre II d’Aigueblanche, ancien compagnon des dernières campagnes militaires du comte Pierre II.

Les églises rurales, modestes prieurés-cures, ces colonies monastiques essaimées pour régénérer les paroisses rurales, abondent au XIIIe siècle. A Saint-Baldoph, par exemple, est transféré le prieuré de Notre-Dame-du-Granier après l’effondrement de la montagne du Granier en 1248.

De Saint-Baldoph dépend à partir de 1248 l’église de SAINT-PIERRE-DE-SOUCY, paroisse attestée dès 1157, dont la base du clocher, séparé de l’église néoclassique du XIXe, est un vestige du chevet de l’ancienne église, avec arc en tiers-point, voûte et piscine gothique. A CHAMBERY-LE-HAUT la façade l’ancienne église Notre-Dame-de-l’Assomption subsiste dans le cimetière, plus connue sous le nom de chapelle Saint-Ombre, car on y menait en pélerinage les enfants ombrageux. On peut encore citer la sacristie de l’église de SAINT-ALBAN-DES-HURTIERES, ou les bases griffues et clés de voûtes de la première église de BISSY, visibles dans une habitation. L’ancienne église de JONGIEUX , rendue à la vie civile, a conservé sa façade à clocheton, son portail en tiers-point, un bas-côté nord, et une porte en accolade ouverte plus tard au sud. La première église de SAINT-PIERRE-DE-CURTILLE, au Val-de-Crêne, transformée en étable, a conservé son portail en tiers-point, son choeur gothique et une chapelle latérale avec enfeu, ou encore le chevet de l’église haut-savoyarde de SEYSSEL.

De très rares ensembles de peintures, bien étudiés, marquent le XIIIe siècle en Savoie: celles du choeur de la basilique SAINT-MARTIN-D’AIME, les Christs en mandorle des chapelles d’Amodon à VILLARODIN-BOURGET et Saint Marcel à SAINT-MARTIN-DE-BELLEVILLE, ou encore la chapelle Saint-Sébastien de CONCISE. A cette époque, la peinture est complètement liée à la sculpture, elle-même totalement assujettie à l’architecture.

II-2 L’architecture religieuse au XIVe siècle

En 1378, lorsque Robert de Genève devient pape sous le nom de Clément VII, entraînant dans son sillage des prélats hauts-savoyards, le foyer d’art avignonnais, qui vise à l’exemplarité, rayonne jusqu’en Savoie sous le cardinal de Brogny, évêque de Genève. Après les décès de Charles V et Clément VII (1394), les centres de création se déplacent dans les domaines des riches frères du roi, les ducs de Berry et Bourgogne, où la Savoie puisera dèsormais ses sources d’inspiration. Ce siècle est un siècle de misère. Dans une Europe ravagée par les guerres, les famines et la grande peste de 1348, règne une peur obsédante dont la "Danse macabre" est l’expression la plus représentative. L’art vit à l’époque de la mort noire. Aussi les nouveaux projets d’églises sont au premier chef le fait d’ordres hospitaliers qui sont les seuls à avoir laissé à la Savoie des "Mises au tombeau" sculptées.

Les ordres mendiants s’installent à MONTMELIAN en 1318 pour les dominicains, venus de Grenoble, et pour les cordeliers à LA CHAMBRE en 1365. Montmélian est alors le grand port de la Savoie et une ville riche et active. Un incendie détruit le premier couvent en 1331. Le comte Aymon le Pacifique pose la première pierre de leur nouvelle église le 17 mai 1336. Les travaux s’achèvent en 1340. L’église paroissiale actuelle a conservé le portail d’entrée surmonté d’une rosace, et la baie centrale du chevet, avec son arc en tiers-point et ses lobes.

Les seigneurs de LA ROCHETTE y installent les carmes en 1329. Les réguliers augustins s’installent à THONON en 1327 et SAINT-PIERRE-D’ALBIGNY (en 1381, et les réguliers augustins du Saint-Sépulcre fondent un hôpital à ANNECY en 1348.

Parmi les églises rurales réaménagées ou réédifiées au XIVe siècle, celle de SAINT-JEOIRE-PRIEURE reçut une nef, tronquée depuis, qui montre des ogives moulurées en amande et des chapiteaux nus, mais dont les clés de voûte sont blasonnées. L’église priorale d’YENNE passa en 1302 des moines basiliens à l’abbaye bénédictine de Saint-Rambert en Bugey, et fut dotée en 1343 par le comte de Savoie. L’abside fut allongée d’une travée de choeur avec chevet pentagonal avec un faux axe et il se peut que la première travée du choeur soit un témoin de la première abside romane hémicirculaire, sur laquelle auraient été rajoutées les remarquables roses polylobées du XIIIe découvertes lors d’un piquage d‘enduits. Des chapelles latérales complétèrent aux XVe et XVIe cet édifice qui remonte au XIIe. La similitude est évidente entre les chevets pentagonaux de Yenne et de l’église priorale clunisienne d’AIGUEBELLE, la stéréotomie de leurs murs, comme aussi les chevets du BOURGET-DU-LAC et de SIXT. On retrouve ce type gothique trapu à MASSONGY, CHAUMONT, dont les consoles sont sculptées de bustes humains, ou HERY-SUR-UGINE. Citons encore les chevets droits de SAINT-PAUL-EN-CHABLAIS ou SERRIERES-EN-CHAUTAGNE. Les paroissiens de SALLANCHES, importante ville de marché, poussent l’évêque sallanchard de Grenoble Aimon de Chissé à leur ériger une collégiale confirmée le 9 juillet 1388. Il ne subsiste pas grand chose des bâtiments originaux mais elle conserve un repositoire du début du XVIe siècle, probablement dû au même ciseau que le bénitier de CLUSES. La collégiale de Sallanches est un exemple, avec celles de VIRY et SAMOËNS, des fondations issues de la volonté des laïques.

Par contre, le mécénat princier s’est exercé au XIVe siècle sur des églises au rôle de mausolées dynastiques, comme la chapelle des Princes d’HAUTECOMBE, qui devient la nécropole de la Maison de Savoie, ou avec l’église neuve de SAINT-PIERRE-SOUS-LE-CHÂTEAU à Chambéry, destinée à dégager la sainte-Chapelle du château , et la chartreuse de PIERRE-CHÂTEL édifiée en 1383, dans l’Ain, mais liée indissolublement à l’histoire de la Maison de Savoie.

II-3 L’architecture et l’art religieux aux XVe et XVIe siècles

Le XVe siècle, marqué par l’extension territoriale savoyarde et les questions dynastiques, voit naître un nouvel essor des arts. Les chantiers s’ouvrent sur les vielles églises, dans une fièvre de modernisation. On lance des programmes de peintures figuratives sur les murs des chapelles, des statues réalistes, apôtres porteurs de leurs attributs, Christs piteux, Vierges de pitié, saints guerriers comme saint Georges en armure de tournoi.

A la mort de Clément VII, ses héritiers vendent le comté de Genève à Amédée VIII, qui devient en 1416 le premier duc de Savoie. Il a été élevé par deux femmes issues de milieux à fort mécénat, le Bourbonnais et le Berry, il est marié à la fille du duc de Bourgogne qui a fait de Dijon la capitale de l’art nouveau. Amédée VIII sait se protéger dans une période de crise générale, et le duché entre dans la période du gothique flamboyant, qui pousse à l’extrême les tracés foisonnants, abandonne les portails et les jubés pour s’exprimer dans les nouveaux retables, les tabernacles muraux, les stalles, les vitraux. Chambéry donne le ton, Annecy bouleversée par les incendies de 1412 et 1448 attendra pour renaître d’être l’apanage de Janus de Savoie. Dans les années 1480 à 1535, un véritable renouveau architectural s’étend à toute la Savoie du nord, Chablais excepté parce que plus pauvre. Cette période est marquée par l’émigration technique des maîtres-maçons et tailleurs de pierres de la vallée du Giffre, en Faucigny, que l’on retrouve jusqu’en Valais.Dans les limites du comté de Genevois-Faucigny, on multiplie les églises neuves, on les pourvoit tout au moins de chevets plus spacieux, droits ou polygonaux, voûtés dans le style tardif des cloîtres du Bourget-du-Lac ou de Saint-Jean-de-Maurienne. L’église rurale de MIEUSSY en est un bon exemple. Annecy profite de la présence de Janus qui attire de nouvelles familles à sa petite cour. Cette vigoureuse poussée démographique en Genevois et la réinféodation du comte par le duc Charles III à son cadet Philippe, origine des futurs ducs de Savoie-Nemours vaudra à cette région une floraison d’édifices religieux neufs, l’installation finale en 1543 de l’évêché et du chapitre proscrits de Genève, et leur épargnera l’occupation française de 1536.

La Savoie compte encore sept monuments flamboyants, cinq églises, SAINT-BERON, LE-PONT-DE-BEAUVOISIN, LA ROCHETTE, LEMENC, SAINT-JEAN-PIED-GAUTHIER, et deux cloîtres très similiaires, SAINT-JEAN-DE-MAURIENNE et LE-BOURGET-DU-LAC. Les permanences flamboyantes débordent sur un XVIe siècle qui ignore la Renaissance, comme l’arc en tiers-point à arêtes chanfreinées et l’arc en accolade. La Savoie est française de 1536 à 1569. Rares sont les monuments datés de cette période: le fronton du pignon de la façade de l’église de LEMENC à Chambéry, par Pierre de Valenciennes en 1553, le portail contemporain de l’église du PETIT-BORNAND, ou la façade du Collège Lambertin à SAINT-JEAN-DE-MAURIENNE. Peu auparavant, en 1535, un architecte novateur avait osé plaquer une façade Renaissante sur une église gothique, la cathédrale d’ANNECY, modèle des premières églises baroques de Savoie.

II-3-1 Les grands édifices, les cloîtres et la micro-architecture

La liaison architecturale entre le XIVe et le XVe siècles se fait dans l’Ain actuel, à la chartreuse de PIERRE-CHÂTEL à Virignin, première manifestation du gothique flamboyant en Savoie, dont l’importance symbolique ne peut être ignorée.

D’autres stalles interessantes se trouvent dans l’église de LA ROCHETTE, datées de 1495, payées 725 florins par François Brunandi évêque de Névache. Un hymne à la Vierge courait sur les banderoles. Les stalles de l’église de YENNE, plus récentes puisque de 1465-1470, proviennent de la Chartreuse de PIERRE-CHÂTEL. Des trônes abbatiaux décorent les églises d’ABONDANCE, SAINT-JEOIRE-PRIEURE, et la cathédrale de MOÛTIERS, orné d’une savante voûte d’arêtes sur pendentif.

Le XVe siècle est le siècle des tombeaux monumentaux. L’église de SEEZ renferme le gisant d’un chevalier du début du XVe siècle, on a vu celui de Guigue Sauvage à SAINT-JEOIRE-PRIEURE, la dalle funéraire d’Oddon II de Luyrieu au BOURGET-DU-LAC, rare exemple avec le transi de Monthouz d’ANNECY du goût du XVe pour les squelettes et les corps décharnés. Bien des magnifiques tombeaux princiers de l’abbaye d’HAUTECOMBE ont disparu, on ne les connaît guère que par les illustrations du XVIIe siècle de Guichenon. Ont disparu aussi le tombeau de la famille de LA ROCHETTE, daté de 1517, et les mausolées de Pierre Ier et Pierre II d’Aigueblanche exécutés au XVIe par Henri de Cologne dans la Collégiale de RANDENS, et celui de Béatrice de Savoie aux ECHELLES. Nous n’avons conservé aucun retable peint complet de l’époque gothique, sinon les panneaux du polyptyque offert par le fastueux Louis de Seyssel-la Chambre à l’église de LA ROCHETTE, portant les armes de ses deux épouses. Le Musée d’Art et d’Histoire de Genève possède les très beaux panneaux du retable de la cathédrale Saint-Pierre de Genève. Ils sont l’oeuvre de Conrad Witz, peintre du duc de Savoie Amédée VIII, né en Souabe au début du XVe et mort vers 1445. On lui doit le premier paysage peint qui soit identifiable, car la pêche miraculeuse situe le Christ et ses disciples sur la partie orientale du lac de Genève. Les retables peints étaient fermés en semaine, où l’on ne voyait que les grisailles ornant les portes fermées, et ouverts les dimanches et jours de fêtes sur l’or et la polychromie.

Avec les litres funèbres dont les "patrons" des églises de campagne ornaient les murs des édifices dont ils avaient la charge, on réalise qu’au XVe siècle les mentalités ont évolué, la base sociale du mécénat s’est élargie au haut clergé, aux commis de l’Etat, riches marchands, confréries et corporations de métiers. A l’intérieur de l’église, les donateurs occupent une place de plus en plus importante. Le message ne passe plus par l’extérieur, mais à l’autel.

II-3-2 Les églises rurales

Oursel qualifie cinq églises rurales de flamboyantes : SAINT-BERON, LE-PONT-DE-BEAUVOISIN, LA ROCHETTE, LEMENC, et SAINT-JEAN-PIED-GAUTHIER. Bien d’autres ont été restaurées au XVe siècle.

Parmi les abondantes restaurations des XVe et XVIe siècles, citons le chevet de l’église de CONJUX, la chapelle de CESSENS, réemploi du chevet de l’ancienne église, les églises de MOTZ (1597), BOURDEAU, très ancienne, de même architecture que celle de SAINT-BALDOPH, construite par les mêmes bénédictins. L’église de DULLIN avec ses trois nefs, conserve un clocher en pierres de grand appareil du XIIIe, et des nefs du XVe. Dans la Combe de Savoie, l’église de l’ancien Prieuré Saint-Philippe fut reconstruite en style flamboyant en 1438. Son portail orne l’église de SAINT-JEAN-DE-LA-PORTE. Tout CHANAZ, sur les bords du Rhône, est un village gothique où foisonnent les ouvertures à meneaux ou en accolade. L’église possède une belle Vierge du XVe, et la chapelle Notre-Dame-de-Miséricorde, transformée en musée archéologique, est très typée. CHINDRIEUX possède la partie absidale de son ancienne église Saint-Laurent. C’était un prieuré-cure dépendant du couvent de Nantua. Les nefs furent démolies en 1872. L’église de BASSENS conserve un chevet et un avant-choeur gothiques, comme celle de BRISON-SAINT-INNOCENT, de style ogival surbaissé repris au XIXe. La chapelle de Clarafond est l’ancien choeur gothique de l’église de DRUMETTAZ-CLARAFOND. On peut encore citer le chevet de l’ancienne église de SAINT-CHRISTOPHE-LA-GROTTE, consacrée le 29 juillet 1503, le chevet de SAINT-MARTIN-SUR-LA-CHAMBRE, qui conserve une fenêtre flamboyante, l’avant-choeur de RUMILLY, le chevet pentagonal de l’église d’ANDILLY, consacrée en 1486. Trois édifices méritent une mention spéciale, après BONNE-SUR-MENOGE : MIEUSSY, DESINGY et MYANS.

II-3-3 Les chapelles peintes

Nombre de chapelles savoyardes furent décorées de peintures murales après la longue éclipse picturale de la période romane. Les XVe et XVIe siècles furent des siècles de production intensive en Savoie et Piémont, de Briga Maritima, Villafranca ou Saluces comme au château de Fénis en Val d’Aoste. Si les écoles différent, les modes de présentation sont proches. On adopte des compositions juxtaposées séparées par des bordures blanches qui délimitent les sujets, tirés de l’Evangile, des Vies de saints ou saintes, du thème cher à l’époque des Vertus et des Vices. Les plus importantes fresques sont celles du cloître d’ABONDANCE, leurs contemporaines de la chapelle Saint Sébastien de LANSLEVILLARD, la chapelle saint Antoine de BESSANS. Il faut aussi signaler la Vierge de Miséricorde de la chapelle des Belleville à HAUTELUCE, thème classique au XVe siècle de la "Mater Omnium", jamais retrouvé ailleurs en Savoie, et la Déposition de croix de l’église de TERMIGNON, découverte récemment derrière le retable du Saint-Esprit..

Si la Savoie du nord, le Val- d’Aoste et le Valais subirent l’influence de l’école de Biella, Nice, la Maurienne et le Val- de- Suse furent probablement influencés par l’école de Cunéo et le peintre Giacomo Jaquerio (1401-1453), fresquiste au service du duc Amédée VIII. Jaquerio

n’ignorait ni Campin ni Conrad Witz. Un autre peintre important représente l’adhésion de l’école piémontaise de Vercelli au gothique international, c’est Defendente Ferrari (1487-1540). Entre ces deux pôles, une série de maîtres anonymes marque la Savoie de cycles représentatifs.

II-3-4 La cathédrale d’ANNECY, la transition avec le baroque

ANNECY, Cathédrale Saint-Pierre

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