L'industrie en Savoie
Auteur : Louis CHABERT- Niveau de lecture : Tous publics

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Introduction

La Haute-Savoie est beaucoup plus industrialisée que la Savoie.
Au début de l’année 2001, on compte en Haute-Savoie 60 600 emplois dans l’industrie contre 23 000 en Savoie. Sur un total de 83 600 emplois, la Haute-Savoie représente 72,5%. On estimait en 1999 que l’industrie occupait 23 % des actifs en Haute-Savoie contre 15,2 % en Savoie (le plus faible pourcentage de Rhône-Alpes) où le tertiaire est gonflé par le poids de plus en plus grand du tourisme.

La  nature et l’histoire expliquent la différence entre ces deux  départements.

La Haute-Savoie, malgré son nom, n’a que 9 % de son territoire en haute montagne contre 67 % pour la  Savoie et la moyenne montagne elle-même est plus développée en Savoie. Les contraintes physiques ont donc  pesé lourd. Mais les destinées historiques ont aussi  influé sur les mentalités.

- En Savoie, les comtes puis ducs de Savoie ont fait de Chambéry leur capitale et fondé leur puissance sur le rôle de guichetier des Alpes : ils ont privilégié la fonction de carrefour et de passage vers l’Italie. Les élites se sont orientées vers les fonctions administratives, judiciaires, les services commerciaux…

- En Haute-Savoie, l’influence de Genève a joué un rôle essentiel dans le passé. La métropole suisse a joué au mieux de ses intérêts en organisant la sous-traitance horlogère dans la vallée de l’Arve, autour du pôle de Cluses. C’est par ce biais que s’est dégagée une mentalité d’entrepreneurs propice au développement de la petite et moyenne industrie (les PMI).

Au 20° siècle, l’industrie s’est développée sur trois modes différents.

1 – Les PMI ont continué à se développer dans l’ensemble du Faucigny, c’est-à-dire dans  la vallée de l’Arve, d’Annemasse à Sallanches. L’influence de Genève est restée très vivace dans le Genevois français, autour d’Annemasse, tandis qu’autour de Cluses on a réussi la reconversion de l’horlogerie vers le tour et le décolletage dont c’est un des tous premiers pôles mondiaux.


1-Fabrique d’horlogerie de C. Crettiez à Cluses vers 1900. Archives municipales de Cluses.

2 - Au début du XX° siècle, est apparue  la révolution de la houille blanche par la mise en valeur du potentiel hydroélectrique  des cours d’eau. Les secteurs les plus fortement concernés ont été les Grandes Alpes, surtout en Tarentaise et en Maurienne. Les usines d’électrochimie et d’électrométallurgie se sont multipliées sur l’initiative d’ingénieurs et grâce à des capitaux extérieurs massifs. Ces grandes vallées sont devenues le domaine des grandes entreprises, peu propices au développement des PMI. L’opposition entre les deux départements s’est ainsi renforcée.


2-Les aciéries d’Ugine, la plus grande usine de la houille Blanche


3-L’usine de Montricher, du carbure au silicium

3 – L’industrie tend de plus en plus à se développer en fonction de l’urbanisation et des facilités que celle-ci apporte aux populations. Le mouvement a été plus précoce, dès le début du XX° siècle, à Annecy et dans les petits centres proches comme Faverges. Il est plus récent à Chambéry. Mais tous ces milieux urbains ont beaucoup profité de la politique d’aménagement du territoire et de la décentralisation, parisienne en particulier pendant les Trente Glorieuses. Il en est de même pour Thonon-les-Bains où le développement repose aussi sur l’importance de l’exploitation des eaux d’Evian.

 
4-Le Verre Textile à Chambéry


5-Dassault Aviation à Argonay, près d’Annecy

Une politique plus volontariste dans les dernières décennies du vingtième siècle

Depuis la crise pétrolière des années 1970, les collectivités territoriales (communes et départements) ont eu à cœur de favoriser le développement de l’industrie en mettant l’accent sur les nouvelles technologies de l’électronique, des communications…Leur politique volontariste s’est appuyée sur le développement de la nouvelle Université de Savoie. Les deux symboles de cette politique sont Savoie-Technolac,  au Bourget-du-Lac, près de Chambéry et Archamps, aux portes de Genève.



6-Le site d’Archamps, aux portes de Genève


7-Le site de Savoie-Technolac au bord du lac du Bourget

Un nouvel équilibre géographique s’instaure :  dans les grandes vallées, l’industrie de la houille blanche se maintient difficilement : Tarentaise et Maurienne ne représentent plus aujourd’hui qu’un dixième de l’emploi industriel des deux départements contre près de 40 % pour le Faucigny, d’Annemasse à Cluses et Sallanches. Le  déséquilibre se maintient en faveur de la région annécienne (28 %) par rapport à l’arrondissement de Chambéry (17 %). Le petit Chablais autour de Thonon et Evian ne peut prétendre à plus de 6 %.


8–l’industrie dans les Alpes

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