La maison de Savoie
Auteur : André PALLUEL-GUILLARD - Niveau de lecture : Documents

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AMEDEE VIII « le pacifique »

Né à Chambéry en 1383 d’Amédée VII et de Bonne de Berry

Successeur de son père en 1391, 19e comte de Savoie, 1er duc de Savoie

Il épouse en 1393 Marie de Bourgogne, (1386- 1422) fille du duc Philippe Le Hardi (fils du roi Jean-le-Bon) et sœur du duc Jean sans peur.

dont il a

1°/ Maria épouse de Philipe-Marie Visconti, entrée ensuite au couvent des Clarisses de Turin

2°/ Amédée décédé en 1431, prince de Piémont

3°/ Louis, (1415- 1465), comte de Bagé  2e duc

4°/ Bonne (décédée en 1430) dite de Montfort

5°/ Marguerite (1420-1479) qui épouse successivement Louis III d’Anjou, Louis de Wittelsbach et Ulrich de Wurtenberg

6°/ Philippe, comte de Genève mort en 1453

trop jeune pour régner, Amédée se voit soumis à la régence de sa grand-mère  Bonne de Bourbon  qui doit faire intervenir les députés des provinces, les Français et les Bourguignons pour s’imposer face à sa belle-fille Bonne de Berry, la propre mère du comte qui doit s’exiler, mais  la régente n’en est pas quitte pour autant puisque pendant plusieurs années elle doit subir la turbulence de la haute noblesse et la rumeur de l’empoisonnement d’Amédée VII (d’où en 1397, le duel judiciaire de Bourg en Bresse entre Grandson  protecteur du médecin Jean de Grandville et  son accusateur Gérard d’Estavayer)

1393, Amédée VIII reçoit enfin le pouvoir effectif  mais il reste longtemps sous influence de sa grand mère et fidèle à l’alliance française

Dès 1401, il annexe de fait le comté de Genève en profitant de la mort du dernier comte, agrandissement qu’il complète en 1402 par les achats de la seigneurie de Villars en Bresse et de Domodossola (en 1406 aux Visconti de Milan).

En 1405, il crée l’université de Turin et peu après commence l’édification d’une grande chapelle dans le château de Chambéry. 

1416, il reçoit à Chambéry l’empereur Charles qui lui reconnaît le titre ducal (1er duc de Savoie)

1418, la mort de Louis d’Achaïe ramène le Piémont dans le domaine direct d’Amédée VIII qui se tourne dès lors dans une active et infructueuse politique italienne avec son intervention dans la guerre entre Milan, Florence et Venise, ce qui lui vaut l’hommage définitif  du marquis de Saluces en 1413 et l’acquisition de Verceil en 1427 mais il ne peut ni conquérir le Haut-Valais ni imposer ses droits dans le Valentinois et le Diois.

1430, le duc publie les Statuta Sabaudiae, « code tout entier de politique, de justice, de procédure et d’administration, destiné spécialement à la Savoie » (Saint-Genis ; I.)

1432, le duc obtient des évêques la renonciation complète de leurs droits judiciaires.

1434, il abdique laissant le pouvoir à son fils Louis et se retire à Ripaille où il fonde l’ordre des chevaliers

1439  le concile de Bâle le nomme pape sous le nom de Félix V face au pape de Rome Nicolas V, mais en fait ce dernier l’emporte et en 1449, Amédée renonce à la charge pontificale contre un titre symbolique de cardinal. Il se retire alors définitivement à Ripaille et à Genève où il meurt en 1451. Son corps déposé d’abord à Ripaille, fut transféré par Emmanuel-Philibert  en la cathédrale de Turin et de là au XIXe siècle en la chapelle du Saint-Suaire à l’initiative de Charles-Albert

 

Bibliographie essentielle

COSTA DE BEAUREGARD (J.M.) : «Souvenirs du règne d’Amédée VIII» in Mémoires de l’Académie de Savoie. Série II, vol.IV. 1861.

COGNASSO (F.) : Amedeo VIII. Turin, 1930. Rééd 1991

CHAPIER (G.) : Essai historique sur Amédée VIII, premier duc de Savoie. Lyon, 1933.

Marie-José  : La maison de Savoie, Amédée VIII, le duc qui devint pape . 2 vol. Paris, 1962. .

ANDENMATTEN (B.) et PARAVICINI BAGLIZANI (A.) : Amédée VIII-Félix V, premier duc de Savoie et pape (1383-1451) Actes du colloque international de Ripaille-Lausanne des 23-26 octobre 1990, Lausanne, Bibliothèque historique vaudoise 103, 1992.

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