La maison de Savoie
Auteur : André PALLUEL-GUILLARD - Niveau de lecture : Documents

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CHARLES-EMMANUEL I

Né à Rivoli en 1562 d’Emmanuel-Philibert et de Marguerite de Valois.

Successeur de son père en 1580, 11e duc

Il épouse à Saragosse en 1585 sa cousine Catherine d’Autriche (1567-1597) fille de Philippe II d’Espagne et d’Elisabeth de France (fille d’Henri II)

dont il a

1°/ Philippe-Emmanuel, (1586-1605)

2°/ Victor-Amédée I (1587-1637) 12e duc

3°/ Philibert (1588-1624), abbé de Saint-Michel de La Cluse, prieur d’Onéglia et vice-roi de Sicile.

4°/ Marguerite (1589-1655) épouse en 1608 de François IV de Gonzague

5°/ Isabelle (1591-1628) épouse en 1608 d’Alphonse III de Modène-Este

6°/ Maurice, (1593-1657) dit «le cardinal», qui épouse en 1642 sa nièce Louise, (1629-1692) fille de Victor-Amédée

7°/ Marie (1594-1656), tertiaire de Saint-François

8°/ Françoise-Catherine (1595-1641), tertiaire de Saint-François

9°/ Thomas de Carignan, (1596- 1656), époux en 1625 de Marie de Bourbon-Soissons (l’origine de l’illustre famille des Savoie-Carignan, grand-père d’Eugène de Savoie, d’où sera issu Charles-Albert)

10°/ Jeanne, morte-née en 1597

sans compter onze enfants naturels

Ce prince intelligent, bien éduqué, ami des arts, des lettres et du faste fut en fait un piètre politique qui compromit l’œuvre de son père et inaugura une période négative de déclin et de catastrophes pour ses Etats.

Son long règne fut une suite de guerres aussi coûteuses que vaines. En 1588, le jeune duc occupe Saluces (défendu par Lesdiguières) les Français en profitent pour occuper la Bresse, le Bugey et la Savoie de 1598 à 1600 et pour conserver tous les pays de la rive droite du Rhône, soit la Bresse, le Bugey et le pays de Gex (au traité de Lyon en 1601). Dorénavant l’Etat savoyard n’a plus rien à espérer sur le versant occidental des Alpes.

En 1602, Charles-Emmanuel échoue platement dans sa tentative de reconquête par surprise de Genève (opération de l’Escalade). Au traité de Saint-Julien (1603), il doit reconnaître l’indépendance de la ville qui va se fortifier au point de devenir une des plus grandes places fortes d’Europe.

Dès 1610, le duc jette son ambition sur le Montferrat, alors aux mains des Gonzagues de Mantoue. Il s’allie d’abord aux Français contre les Espagnols, en pensant aussi conquérir le Milanais, mais avec la mort de Henri IV et le passage du Montferrat au Français Charles de Nevers, il renverse son alliance en 1628 et il s’entend avec les Espagnols contre Louis XIII et Richelieu qui envahissent de nouveau la Savoie dont ils détruisent à peu près toutes les forteresses, puis le Piémont où ils occupent en particulier Pignerol.

En dépit de ces défaites et d’une longue suite de pestes, de mauvaises récoltes et de catastrophes naturelles, le duc n’en poursuit pas moins l’embellissement de Turin qui commence à devenir une fastueuse ville baroque (avec en particulier le début de la construction de l’église San Carlo) mais en fait ses deux passions architecturales furent d’abord le palais de Miraflores entre le Po et le Sangone célèbre par la splendeur de ses jardins et enfin la basilique de Vico en Piémont du sud confié au célèbre architecte Vitozzi venu de Rome, la victoire du baroque correspondant à celle du catholicisme dans les Etats de Savoie. Néanmoins si fastueuse que fut la cour, Turin n’en perdit pas moins l’éclat intellectuel acquis sous le règne précédent pour ne plus voir triompher que la poésie et les ballets de cour des pères Monod et Menestrier, dont l’influence correspond encore à l’attraction de la culture française sur la famille de Savoie et son entourage.

Tout ceci n’en était pas moins fort coûteux d’où la ruine de l’Etat et la systématisation des expédients (dons forcés, ventes de titres, d’offices et de privilèges, charges sur les communes, ascensement des impôts)

Il meurt en 1630 à Savegliano près de Cuneo, inhumé au sanctuaire de Vicoforte près de Mondovi qu’il avait créé et dont il avait rêvé de faire la nouvelle église de la dynastie.

 

Bibliographie :

BERGADANI (R.)  : Carlo Emmanuele I, Turin, 1932.

MERLIN(P.)  : Tra guerre e tornei  : la corte sabauda nell’età di Carlo Emmanuele I. Turin, 1991.

«Carlo Emmanuele I» in Miscellanea della società di storia storica subalpina I. Turin. 1930.

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