La maison de Savoie
Auteur : André PALLUEL-GUILLARD - Niveau de lecture : Documents

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CHARLES-EMMANUEL III

Né en 1701 de Victor-Amédée II et de Anne-Louise d’Orléans.

Successeur de son père en 1731, 2e roi de Sardaigne

Il épouse

1°/ en 1722, Anne-Christine de Bavière (1704- 1723)

2°/ en 1724, Polyxène Christine de Hesse (1706-1735) (dont la sœur Christine-Henriette épouse Louis-Victor de Savoie-Carignan dont elle aura la future princesse de Lamballe)

3°/ en 1737, Elisabeth de Lorraine (1711-1741), sœur de l’empereur François Ier

dont il a

1°/ Victor-Amédée (1723-1727) duc d’Aoste

2°/ Victor-Amédée III, (1725-1796), 3e roi de Sardaigne, époux de Marie-Caroline d’Espagne.

3°/ Eléonore-Marie-Thèrèse, (1728-1781)

4°/ Marie-Louise Gabrielle, (1729-1767)

5°/ Marie-Félicitée, (1730 –1801)

6°/ Emmanuel-Philibert, (1731-1735), duc d’Aoste

7°/ Charles-Romuald, duc de Chablais, né et mort en 1733

8°/ Charles-François (1738-1748) duc d’Aoste

9°/ Marie-Victoire, (1740-1748)

10°/ Benoit-Maurice, (1741-1808) duc de Chablais . épouse en 1775 sa nièce Marie-Anne (1757-1824)

le roi avait été traumatisé par un père qui ne l’avait pas aimé et qu’il avait dû emprisonner pour conserver le trône, trois veuvages successifs et le décès prématuré de 6 enfants  n’avaient rien arrangé, d’où un souverain morose, aux goûts simples et de plus en plus tourné vers une piété austère.

Il conserve néanmoins les principes et les conseillers  de son père,   mais il laisse ses ministres plus libres de suivre à leur gré les impulsions qu’il leur transmet, d’où la montée des grands chanceliers Zoppi et Caissotto et du général des finances Chapel de Saint-Laurent  et la toute puissance du marquis d’Ormea puis de sa créature Bogino.

Cette équipe poursuit donc la politique despotique et bureaucratique  de Victor-Améfée II, la vallée d’Aoste perd ses privilèges et son conseil des commis, le clergé est soumis au contrôle du gouvernement (nouveau concordat de 1740) et les communes sont soumises à l’autorité des intendants qui nomment les tout-puissants secrétaires de communauté. Néanmoins ses volontés de modernisation économique resteront théoriques et sans grands effets pratiques.

Il essaie d’abord une politique belliqueuse, durant la guerre de succession de Pologne (1733-1735), il s’allie aux Français et envahit le Milanais qu’il ne peut garder mais ce qui lui permet d’acquérir Novare et Tortone au traité de Vienne. Mais durant la guerre de succession d’Autriche (1740-48), il renverse ses alliances et s’allie à l’Autriche contre la France et l’Espagne, certes les Espagnols  envahissent la Savoie puis le Piémont du sud et Nice. La bataille de l’Assiette  en mai 1747 sauve la situation et au traité d’Acquisgrana, le roi peut récupérer ses provinces perdues agrandies du Haut-Novarais et d’une partie du Pavese (il faut renoncer à Plaisance et à Savone). Amer et dorénavant prudent, le roi va s’enfermer alors dans une stricte prudence pacifiste profitant du rapprochement austro-français  et du pacte de famille (entre les différents royaumes Bourbons) d’où le silence de Turin lors du kidnapping de Mandrin par les troupes françaises qui violent la frontière du Guiers en 1755 et enfin les mariages français de 1770 mais aussi la réconciliation avec Genève au traité de Turin de 1752 .

D’ailleurs au fur et à mesure des années, le vieillissement du roi et de son équipe donne l’impression d’un affadissement politique, les Royales Constitutions de 1770 n’apportent rien de nouveau par rapport aux précédentes de 1723 et il paraît bien que le gouvernement n’est plus en lien avec les mutations sociales et culturelles des années 60 et 70.

Le roi aimait peu la Savoie où il ne vint jamais et dont il suspecta la fidélité durant la longue occupation espagnole de 1740-1748, mais n’oublions pas la création d’un évêché propre à Chambéry en 1768 (au détriment  de Grenoble et en remerciement de la passivité de Turin lors de l’achat de la Corse par les Français)

il meurt à Turin en 1773, inhumé à la Superga.

 

Bibliographie :

CARUTTI (D.)  : Storia del regno di Carlo Emmanuele III, Turin, 1959.

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