La maison de Savoie
Auteur : André PALLUEL-GUILLARD - Niveau de lecture : Documents

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VICTOR-EMMANUEL II

Né à Turin en 1820 de Charles-Albert et de Marie-Thérèse de Lorraine (une rumeur fait état d’un transfert d’enfant dans l’incendie du Palais Pitti de Florence où l’on aurait remplacé in extremis le bébé princier mort dans les flammes par un bébé «emprunté» à un domestique.)

Successeur de son père en 1849, 8e roi de Sardaigne puis en mars 1861, premier roi d’Italie

Il épouse en 1842 Marie-Adélaïde de Habsbourg-Lorraine (1822-1855) sa cousine germaine, fille de l’archiduc Rainier, vice-roi de Lombardie-Vénétie et de Marie-Elisabeth de Savoie-Carignan.

dont il a

1°/ Clotilde (1843-1911) épouse en 1859 du prince Napoléon, fils de l’ex-roi Jérôme de Westphalie et cousin germain de Napoléon III

2°/ Humbert 1, (1844-1900) 2e roi d’Italie, époux de sa cousine Marguerite de Savoie-Gènes

3°/ Amédée (1846-1890) duc d’Aoste, épouse successivement en 1867 Maria-Vittoria della Cisterna puis en 1888 sa nièce Laetizia Bonaparte, éphémère roi d’Espagne en 1870-1873, à l’origine de la famille des Savoie-Aoste.

4°/ Oddon (Othon)  (1846-1866) duc de Montferrat

5°/ Maria-Pia, (1849-1911) épouse de Louis Ier, roi de Portugal

6°/ Charles-Albert, (1851-1854) duc de Chablais,

7°/ Victor-Emmanuel, (1855) duc de Genevois.

En 1869, il épouse morganatiquement Rosa Teresa Vercellana, (1833-1885) comtesse de Mirafiori (la belle Rosine»)  dont il a

Vittoria et Emmanuel-Philibert .

Le mérite de Victor-Emmanuel fut d’abord d’avoir conservé le Statuto, faisant ainsi du royaume de Sardaigne le modèle libéral de toute la péninsule après la victoire de la réaction en 1849. Il eut aussi l’intelligence de choisir Cavour, ex officier, ex journaliste, de bonne noblesse liée à la famille de Sales (donc à saint François) et au patriciat genevois  pour moderniser le pays et lui donner les moyens d’une revanche sur l’Autriche (après les défaites de Charles-Albert en 1848-49),

Cette alliance ne fut pas toujours sans heurt, car le roi très susceptible appréciait peu l’envahissement de son ministre, mais cette connivence permit l’industrialisation du Piémont, la construction d’un premier réseau ferré et l’ouverture du pays au grand commerce international. Le souci d’un certain laïcisme (pourtant bien modéré, à la française) valut néanmoins au roi l’opposition d’une grande partie du clergé (qui fit valoir la punition de Dieu dans la série des décès familiaux en 1855-1856) mais ce guerrier jouisseur fut ravi de l’alliance française et du soutien anglais pour sa revanche contre l’Autriche en 1859 et obtenir enfin  le royaume de Haute-Italie dont on rêvait à Turin depuis plusieurs générations.

A la fois paresseux et secret (préférant de plus en plus les plaisirs de la chasse en haute montagne que les charges officielles), il n’était pas sans ambition et sans prétention. Charmeur et grossier, il sut rallier bien de ses ennemis (en particulier Garibaldi et  des républicains) tout en faisant la joie des caricaturistes et des échotiers car il lui fut bien difficile de concilier ses « plaisirs bourgeois » et un sens évident du rang royal, partageant ainsi les historiens (grand roi ou marionnette prétentieuse ?)  

Il vint deux fois en visite en Savoie mais sans réussir à briser l’inquiétude de la noblesse, l’opposition du clergé et l’incompréhension de la bourgeoisie et c’est, semble-t-il, sans trouble de conscience qu’il renonça à la Savoie et à Nice même s’il sut récompenser largement les quelques Savoyards qui restèrent fidèles à la dynastie.

Son règne n’a marqué la Savoie que par l’établissement de la voie ferrée (qui porte son nom) entre Culoz et Saint-Michel de Maurienne et par l’agrandissement du château de Chambéry où l’on se décida enfin à poursuivre les travaux de Napoléon Ier.

Après le traité de Turin, le roi quitta (à regret) Turin pour Florence la nouvelle capitale du nouveau royaume (imprévu) d’Italie et après 1870 pour Rome où il ne se sentit jamais bien face à l’hostilité du pape « réfugié » au Vatican et  à celle de la noblesse « noire » qui le soutenait.

Il meurt à Rome en 1878, inhumé au Panthéon de Rome.

 

Bibliographie essentielle  :

COGNASSO (F.)  : Vittorio Emmanuele II, Turin, 1943.

CURATULO (G.)  : Garibaldi, Vittorio Emmanuele II e Cavour. Bologne, 1911.

MACK SMITH (D.)  : Vittorio Emmanuele II. Milan, 1994-1995.

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