LA BASSE MAURIENNE
Auteur : Jean PRIEUR - Niveau de lecture : Tous publics

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Le patrimoine religieux : les églises

A partir du Moyen Age, toutes les époques artistiques sont représentées dans les vingt-six églises paroissiales et la cinquantaine de chapelles rurales de la Basse Maurienne.


La Chambre : portail roman en albâtre de l'église

L'art roman apparaît dans le beau portail de l'église priorale de La Chambre, probablement du XIIe siècle : ce portail se compose de trois voussures qui retombent sur une série de colonnettes aux chapiteaux ornés de sculptures ; le matériau est l'albâtre provenant des carrières locales. Sur la commune voisine de Sainte-Marie-de-Cuines, l'église a conservé son clocher et son abside du XIIe siècle : le clocher est orné de trois étages d'arcatures ; l'abside, voûtée en cul-de-four, est couronnée, à l'extérieur, par des arcatures qui retombent sur des lésènes formant contreforts.


Sainte-Marie-de-Cuines : abside romane de l'église

 

L'art gothique, peu représenté, se retrouve cependant dans l'abside de l'église d'Aiguebelle, que l'on peut dater du XIIIe ou XIVe siècle : la voûte est portée par huit ogives rayonnantes, reposant sur des colonnettes engagées, dont les chapiteaux sont ornés de figures.


Aiguebelle : Chœur gothique de l'église (XIIIe s.)

Les églises baroques sont moins nombreuses et moins riches qu'en Haute Maurienne. On peut toutefois signaler quelques beaux édifices à Saint-Alban-d'Hurtières, Montaimont, Montgellafrey.


Saint-Alban d'Hurtières : retable baroque de l'église (provenant de l'église Saint-Léger de Chambéry)

L'église de Montgellafrey, en partie reconstruite vers 1700, comprend une seule nef voûtée en arêtes ; le choeur est coiffé d'une coupole, peinte. Le maître-autel et les quatre autels latéraux sont ornés de beaux retables en bois doré et polychrome, avec des colonnes torses ; le tableau du maître-autel représente l'Assomption ; ceux des autels latéraux la Vierge du Rosaire, la Vierge du Scapulaire, les saints protecteurs (Antoine, Grat, Sébastien, Roch). Ce sont les oeuvres d'artistes mauriennais : Sébastien Rosaz, Jean Simond, Laurent Dufour, Charles Prarioz.

Mais plus de la moitié des églises ont été reconstruites, au moins en partie, après la Révolution.

L'art néo-classique, caractéristique de l'époque sarde (1815-1860), est bien représenté, avec ses deux types d'architecture : plan basilical ou axé et plan centré. Le plan centré (quadrilobé) se retrouve dans l'église des Chavannes, construite en 1832, inspirée de l'église de Chamousset ; toujours sur plan centré (tréflé), l'église de Bonvillaret a été construite en 1834, précédée d'un portique avec coupole, inspiré de celui de Saint-Jean-de-Maurienne. L'église de Saint-Alban-des-Villards a été construite sur plan basilical en 1830 par l'architecte Justin ; la façade, inspirée des temples antiques, est traitée indépendamment ; l'abside retrouve la forme hémicirculaire. Ce qui caractérise toutes ces églises néo-classiques, même si le plan diffère, ce sont les dimensions imposantes (surtout en hauteur), les fenêtres hémicirculaires, le riche décor intérieur.

La reconstruction des églises se prolonge pendant tout le XIXe siècle. Vers 1860, le style néo-classique est supplanté par de nouveaux courants : le néo-roman et le néo-gothique. Deux architectes rivalisent : Théodore Fivel, mauriennais originaire d'Albiez-le-Vieux, prône le "pur gothique du XIIIe siècle", alors que Samuel Revel, architecte diocésain, est un adepte du roman médiéval.

Les deux styles se retrouvent dans notre secteur : les belles églises néo-gothiques de Saint-Rémy (1856) et d'Epierre (1865) sont l'oeuvre de Fivel ; la grande chapelle néo-gothique de Notre-Dame-de-la-Roche à Aiguebelle a été construite par Zanolini en 1868. Les églises néo-romanes sont en nombre à peu près égal : Saint-Colomban-des-Villards en 1863, Montgilbert et Montsapey en 1865, Argentine en 1894.

Au XXe siècle, aucune église n'a été construite en Basse Maurienne.

 

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