La Haute Maurienne
Auteur : François FORRAY- Niveau de lecture : Tous publics

Page suivante

Données physiques size="7">C1 : Haute Maurienne : Limites communales

La haute vallée de l'Arc, en amont de Modane, constitue un pays fascinant, la haute Maurienne. Pays de montagnes très élevées, pays de lumière par son climat ensoleillé, pays de traditions humaines très affirmées.

Dix communes la composent, elles s'étagent entre 1100 et 1800 mètres sur plus de 50 kilomètres d'Avrieux (1091 m) à Villarodin-Le Bourget (1157 m), Aussois (1496 m), Bramans (1243 m), Sollières-Sardières (1285 m), Termignon (1346 m), Lanslebourg (1430 m), Lanslevillard (1500 m), Bessans (1710 m) et Bonneval-sur-Arc (1790 m).

De hautes montagnes largement ouvertes

D1 : Le plateau du MontcenisLes sommets qui la délimitent dépassent les 3000 mètres d'altitude et les glaciers qui les recouvrent brillent au soleil. Sur le versant C14 : La vallée du Ribonméridional de la Vanoise, se succèdent la Dent Parrachée, Chasseforêt, la Grande Casse, Méan Martin et à la frontière franco-italienne s'élèvent les Levanna, La Ciamarella, La Bessanèse, Rochemelon. Le point culminant se situe sur le territoire de Bessans avec le Charbonnel qui s'élève à 3751 mètres. Pays de hautes montagnes certes mais pays ouvert avec de larges bassins et une ligne de crête échancrée de multiples cols (Mont Cenis : 2084 m , Iseran : 2770 m, Arnès : 3022 m, Autaret : 3079 m, Carro : 3137 m) ce qui confère à la haute maurienne une vocation de passage à travers la chaîne alpine. Sur le cours supérieur de l'Arc s'articulent des vallées suspendues latérales comme les vallées d'Avérole, du Ribon, d'Ambin sur la rive gauche, et la vaste vallée du Doron de Termignon qui draine les eaux des massifs de la Vanoise sur la rive droite.

 

size=7>C15 : Le monolithe de SardièresAu bonheur des géologues

C2 : Coupe géologique schématique de la rive droite de l'ArcNous voici dans la zone intra-alpine avec les vieux terrains du permo-houiller qui ont été cristallisés ce que les géologues appellent le métamorphisme. Au niveau de la structure géologique apparaissent la zone briançonnaise interne, la zone des schistes lustrés ainsi que celle des massifs cristallins internes. La variété des roches est infinie : roches blanches comme les gypses, roches vertes comme les serpentines, les diverses catégories de marbres et de gneiss. Les glaciers ont remodelé tout cela dégageant les verrous de l'Esseillon où l'Arc a creusé des gorges profondes ou le verrou en amont de Bonneval. La fonte des glaciers a entraîné des dépôts lacustres avec des terrasses très plates, de vastes éboulis au pied des versants ou en travers de la vallée tel le fameux éboulis du col de la Madeleine au-dessus de Lanslevillard.

 

Des glaciers de plateaux

Certes, on ne trouve pas en haute Maurienne les paysages glacés du Mont Blanc, de l'Oisans ou de la Tarentaise. Ici, les glaciers ne comportent pas de cirques d'alimentation et des langues mais ils s'étalent sur les plateaux. Les deux plus beaux ensembles étant le glacier des Evettes sur la rive gauche de l'Arc (superficie de 50 km2) et le Dôme de Chasseforêt (30 km2) entre la Dent Parrachée et le col de la Vanoise.

 

Un pays de lumière et de vent

Protégée des masses d'air humide venues de l'océan Atlantique par la barrière des Préalpes et des massifs Centraux externes, la haute Maurienne jouit d'un climat d'abri mais la protection envers les masses d'air venues de l'Est n'est pas totale et "la lombarde" qui s'insinue par les cols piémontais apporte l'humidité et le brouillard. D'une manière plus globale, le vent du Nord est suivi du beau temps et de la neige. Quant aux flux d'Ouest qui déferlent sur toute l'Europe, ils prennent ici le nom de la "Vanoise" et ils précipitent des masses d'eau sur les versants montagneux. Ajoutons enfin le phénomène quotidien durant l'été de l'alternance entre la brise de vallée en matinée et la brise de montagne en fin d'après midi. La haute Maurienne est on le voit le pays du vent.

Du côté des précipitations s'il est vrai qu'il pleut beaucoup moins en haute Maurienne qu'en Chartreuse, s'il est vrai que dans la partie basse, Avrieux constitue un pôle de sécheresse avec des précipitations moyennes annuelles inférieures à 521 mm, les précipitations se relèvent très vite avec l'altitude et la proximité de la Lombarde : Bonneval compte 1023 mm ce qui reste évidemment bien inférieur aux précipitations de Chamonix (1407 mm) ou d'Abondance (1468 mm).

Les températures sont fort basses en hiver d'autant plus que l'ensoleillement est parfois rare sur les versants exposés à l'envers, Lanslebourg reste sous l'ombre portée de la montagne du 25 novembre au 20 janvier mais les printemps précoces apportent la chaleur si bien que les cultures peuvent être pratiquées à des altitudes surprenantes (1800 à 2000 m) et les alpages sont exploités jusqu'à 2800 m un record pour les Alpes du Nord !

La sécheresse du climat se répercute sur la nature de la végétation qui tient compte également de la grande diversité des sols. L'étage forestier se compose de pins sylvestres, de pins à crochets, de pins Cembro, d'épicéas et de mélèzes, il s'achève par une lisière d'aulnes sur les terrains siliceux. La pelouse alpine reflète aussi dans sa flore, la variété des sols et des expositions, elle possède des stations très rares au Mont Cenis, aux Evettes, à Avérole.

Sous cet aspect souriant n'oublions pas non plus les difficultés d'une nature montagnarde avec ses bourrasques de neige, ses avalanches et ses inondations de printemps et d'automne. Tout le monde se souvient encore des ravages de la terrible inondation de juin 1957 emportant les routes et les maisons de Bonneval à Modane édifiées à proximité de l'Arc.

Page suivante

Retour au sommaire du dossier