La moyenne Maurienne
Auteur : Pierre DOMPNIER - Niveau de lecture : Tous publics

Page 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18

QU’EST-CE QUE LA MOYENNE MAURIENNE

QU’EST-CE QUE LA MOYENNE MAURIENNE

La Maurienne est bien délimitée: c’est la vallée de l’Arc et de ses affluents. Les géographes la découpent parfois en haute, moyenne et basse Maurienne, mais s’il est assez facile de mettre en avant des coupures du relief dans cette vallée de 120 kilomètres où alternent ombilics et verrous glaciaires, c’est plus hasardeux sur les plans historique, économique et administratif. Même en s’arrêtant à la géographie physique, il faudrait distinguer aussi les grandes vallées affluentes de la Valloirette, de l’Arvan, des Villards et du Bugeon. Mais cette division n’est jamais totalement satisfaisante. Comme l’écrivait déjà Raoul Blanchard, le père de la géographie alpine : "La Maurienne est tout d’une pièce : c’est la vallée de l’Arc (...). Ainsi, en dépit de son indiscutable variété la Maurienne ne se fractionne pas en unités distinctes dont les traits physiques et humains changent chaque fois de sens ; d’un bout à l’autre elle présente les mêmes grands phénomènes, à peine nuancés par le changement d’altitude et par la différenciation des éléments géologiques traversés."


La barrière de l’Esseillon

Par exemple, si l’on admet comme limite entre moyenne et haute Maurienne le solide verrou glaciaire de l’Esseillon, on coupe Aussois de son canton, celui de Modane. La répartition médiévale était plus judicieuse en plaçant Aussois dans la mestralie de Termignon. Mais Avrieux, au pied du verrou, donc en moyenne Maurienne, était le chef lieu d’une châtellenie appartenant aux seigneurs de la Chambre (en basse Maurienne), dont le châtelain administrait aussi Bramans, dans la haute vallée. Aujourd’hui, des Modanais se réclament parfois de la haute Maurienne, mais tant le relief (toute la partie aval du canton est creusée dans le sillon houiller qui se prolonge jusqu’à Saint Michel-de-Maurienne), que le passé industriel de ce secteur le rattachent incontestablement à la moyenne Maurienne. La limite est un peu plus claire en aval. Le verrou de la Madeleine respecte l’actuelle limite cantonale entre Saint-Jean-de-Maurienne et La Chambre. Pourtant, là aussi l’histoire a apporté ses fantaisies : le village de Pontamafrey est coupé en deux par le torrent de la Ravoire . La rive droite était le chef lieu d’une baronnie dépendant des seigneurs de la Chambre, la rive gauche celui d’une mestralie obéissant aux ducs de Savoie. Enfin, les évêques de Maurienne étaient à la tête d’un domaine temporel s’étendant sur dix huit communes, toutes en moyenne Maurienne, sauf Argentine, en basse Maurienne.


Le verrou glaciaire du Pas-du-Roc

Ainsi délimitée, la moyenne Maurienne pourrait se répartir en quatre ensembles. Deux sont formés par la partie médiane de la vallée de l’Arc, coupée par l’étroit verrou du Pas du Roc: à l’amont le couloir houiller, à l’aval le bassin plus ouvert de Saint-Jean-de Maurienne, creusé dans les rodes tendres. Le premier secteur s’ouvre vers le sud, à la hauteur de Saint Michel, par la vallée de la Valloirette, tandis que le second donne accès à la vallée de l’Arvan.

Page 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18