Les patits ramoneurs
Auteur : Monique Dejammet - Niveau de lecture : Tous publics

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Les petits ramoneurs à travers leurs mots

En effet les ramoneurs avaient une langue bien à eux, ou plus précisément un argot qu’ils employaient au cours de leurs migrations saisonnières et qu’eux seuls comprenaient.

Les termes de jargon ou argot sont quelque peu galvaudés dans leur acception populaire, ils qualifient un type d’idiome de formation, de nature et d’emploi tout particulier dont le bénéfice est le fait qu’ils sont incompréhensibles du non-initié, donc intelligibles que par un nombre restreint de personnes appartenant à un groupe social, comme le tarastiu des ramoneurs. Nous avons relativement peu de documentation à son sujet, on peut préciser que le tarastiu n’est pas un argot français, les ramoneurs savoyards qui l’employaient n’étaient pas francophones de naissance, mais avaient pour langue les différents patois de leurs villages respectifs - en Savoie ceux-ci appartiennent tous à la langue francoprovençale qui constitue avec les langues d’oc et d’oïl, le troisième domaine linguistique gallo-romain du territoire français. Chaque vallée avait sa forme de tarastiu qui se démarquait des autres tant au niveau phonétique qu’au niveau lexical.

Le trésor linguistique des faria (ramoneurs) est estimé à environ cinq cents mots. L’origine des mots se perd dans l’histoire de ces migrants, il serait vain de s’obstiner à chercher l’étymologie de tous les mots du patois des ramoneurs car celle-ci est tirée du vécu quotidien de cette caste.

Le simple fait d’utiliser un code secret d’une part resserre la connivence entre ceux qui le connaissent, et inversement par l’incompréhension entretient une distance avec les autres. "Qu’importe que vous ne me compreniez pas, nous ne sommes que de passage !... "

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