Les patits ramoneurs
Auteur : Monique Dejammet - Niveau de lecture : Tous publics

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Les ramoneurs vus par les artistes

A partir du XVe siècle, les petits métiers ambulants donnent lieu à des représentations gravées, éditées en séries, le ramoneur faisait partie intégrante du paysage populaire urbain.

Le plus ancien exemple est une gravure sur bois conservée à la Bibliothèque Nationale, appartenant à la première suite homogène des Cris. Cette série anonyme comprend dix huit gravures, sous l’image son cri est rapporté en ancien français et en gothique

"Ramône la cheminée otabas".

Au XVIIe, vers 1630, le ramoneur est représenté dans une position qui contraste avec les productions postérieures plus stéréotypées, il est empreint d’une grande dignité

"Ramoneur de cheminées haust a bas".

A la fin du XVIIe siècle, le ramoneur apparaît dans une attitude ambiguë quelque peu efféminée. Peut-être y a-t-il là une référence grivoise aux moeurs de certains représentants de la profession ...
(Nicolas Bonnard) (12)

A partir du XVIIle siècle, sans doute sous l’influence de Rousseau (13), de Watteau (14), et de Boucher (15), plusieurs dessins témoignent de la mode grandissante des représentations de l’enfance. L’opinion publique en France reconnaît l’honnêteté des Savoyards. Le Savoyard est pauvre, mais il est éduqué et honnête, il est aimé, ne fait pas peur.

Après une brève disparition pendant la période révolutionnaire, le thème est repris au début du XIXe : la figure du petit ramoneur vient enrichir les scènes de genre en suscitant l’amusement et bien souvent la pitié.

On peut distinguer deux tendances
- une image artificielle et idéalisée
- une représentation de l’enfance malheureuse jouant sur le registre du misérabilisme.

A partir de 1840 dans un nouveau mouvement "le réalisme", le thème de la misère sociale et de l’enfance abandonnée vagabonde s’amplifie. Les artistes se tournent vers une représentation sentimentale "humanitaire ".

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