La Savoie sous le premier Empire
Auteur : André PALLUEL-GUILLARD - Niveau de lecture : Tous publics

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LE DUR REVEIL DE 1811-1815

 

LES CRISES. L’euphorie ne dura qu’une dizaine d’années car à partir de 1810 tout parut se dégrader. 1811 inaugura la crise par un net ralentissement économique : trop de spéculations engendra une nette méfiance sur les affaires et bloqua les financements au moment même où il fallait envisager une nouvelle étape dans la croissance, d’ailleurs on avait trop produit par rapport à des marchés bien limités encore. Toute l’industrie se ralentit donc et en particulier celle du coton, la plus récente, la plus moderne et la plus exportatrice. En 1812, une mauvaise récolte ranima les pessimismes, les craintes de famine, les soupes populaires dans les villes et la chasse aux mendiants, même si finalement on eut plus de peur que de mal. La défaite de la campagne de Russie ressuscita le scepticisme de la plupart des gens  et au pire les espérances des réactionnaires partisans de l’Ancien régime enfin la reprise de la guerre amena un tel renforcement de la conscription que l’on assista à une fuite éperdue des jeunes visés : évènement unique dans l’histoire le nombre des mariages doubla en un an, le prix des remplacements aussi et en décembre 1813, Thonon* fut le siège d’une grave émeute lors de l’arrivée du jury de recrutement.

 

L’INVASION AUTRICHIENNE. C’est dans cette triste conjoncture que l’on apprit l’entrée en Suisse du nord du général autrichien Bubna qui amena la chute du système fédéral suisse et l’arrivée facile des envahisseurs à Genève* que le préfet Capelle venait d’abandonner sans résistance. Il s’en suivit une campagne qui dura trois mois et qui vit s’affronter des Echelles* à Genève* et de Bourgoin à Chambéry*. Les opérations furent incertaines du fait des confusions d’état-major, de la faiblesse de chacune des armées en présence et surtout du fait de l’aspect secondaire des batailles  par rapport à celles du bassin parisien. Les Autrichiens occupèrent Chambéry* un certain temps et provoquèrent la levée d’un corps royaliste presque entièrement nobiliaire sous l’impulsion d’un vieillard octogénaire Janus de Sonnaz*, ce qui n’empêcha pas les Français du général Dessaix* d’arriver sous les murailles de Genève avant de reculer définitivement. Genève* en avait d’ailleurs profité pour proclamer son indépendance et se redonner un gouvernement provisoire qui travailla dès lors à se faire garantir diplomatiquement ce qui avait été un miracle militaire.

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