Vignes et vins de Savoie
Auteur : Maurice MESSIEZ- Niveau de lecture : Tous publics

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Conclusion

Les vins de Savoie sont prospères aujourd'hui. C'est, certes, la conséquence de leur qualité associée à leur originalité mais aussi, et beaucoup, du vaste marché que leur a offert, sur place, le fort développement du tourisme avec les stations de ski surtout et la fréquentation des montagnes l'été pour diverses raisons, alpinisme, découverte des parcs, thermalisme, séjours familiaux. Pourront-ils continuer à s'imposer toujours aussi facilement alors que ce vaste et lucratif marché attise bien des convoitises, dont celles des bonnes caves du monde entier qu'intéresse le public très cosmopolite qui fréquente la Savoie ?

Château de Ripaille, cliché GFA Domaine de Ripaille.

S'il est évident que les vignes des Savoyards ne peuvent prétendre, à l'instar des alpages, apparaître comme une image emblématique de la montagne, d'autant plus qu'on ne cesse de les associer, non sans raison, au soleil, à la chaleur, aux coteaux débonnaires (l'alliance neige-montagne-vignes paraît souvent risquée aux vignerons), il n'en reste pas moins que leurs vins, heureusement souvent issus de cépages locaux, sont un produit typique des différents terroirs qui s'abritent au flanc de montagnes protectrices face aux chaînes enneigées. Ces vins n'ont pas, mis à part Ripaille, d'illustres châteaux pour attester de leur prestige, comme les crus du Bordelais ou de Bourgogne. Il leur faut trouver ailleurs leurs lettres de noblesse. Ne serait-ce pas à la fois dans le filon des cépages locaux adaptés aux conditions locales et dans le cadre paysager parfois insolite ? En effet, en certains lieux, au temps des neiges de mars fleurissent les amandiers parmi les ceps déjà taillés et, plus tard, alors que les alpages verdissent sous les sommets, dans la vallée des cigales crissent dans les figuiers au voisinage des vignes épanouies ... Dès lors, un paysage de vignoble conservé le plus possible dans son authenticité ne serait-il pas aussi une bonne étiquette pour la clientèle montant aux stations et découvrant des terrasses de vignes sur "les versants du soleil" ? L'association d'un bel environnement avec l'excellence de quelques vins savoyards haut de gamme, salutaire pour tous les bons vins du terroir, ne serait-elle pas la réponse au défi de l'inévitable tentative de mondialisation du marché qui se prépare ?

Vendanges d'aujourd'hui à Apremont (machine Bobard). De plus en plus, les machines à vendanger s'imposent dans les vignobles aménagés en conséquence. Photo Maurice Messiez.

 

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